Le parti Travailliste dans la mélasse



Soixante-douze heures après l’intervention convaincante, détaillée et documentée du Deputy Prime minister, Ivan Collendavelloo sur l’affaire de l’installation des turbines de la centrale de Saint-Louis à l’Assemblée nationale mardi dernier, on aurait cru voir même espérer que l’opposition allait riposter d’une manière forte et vigoureuse pour tenter de réfuter les arguments mis en avant par le numéro deux du gouvernement. mais au contraire nous avons uniquement eu droit à une diatribe désorganisée de Navin Ramgoolam jeudi dernier en attendant peut-être les satires de Paul Bérenger ce matin lors de la conférence de presse du MMM.

Il faut dire que l’adjoint au Premier ministre a frappé très fort au Parlement mardi dernier quand il intervenait sur les débats budgétaires pour rétablir les faits et la vérité sur l’affaire St Louis. Dossiers à l’appui, il a cloué au pilori l’opposition pour faire bien ressortir que si maldonne il y a eu dans l’allocation de ce contrat, ce n’est pas sous l’administration de l’actuel régime mais bel et bien celle du parti Travailliste avec Navin Ramgoolam en tant que Premier ministre et ses nominés politiques à la tête du Central Electricity Board à l’époque.

Jeudi dernier, reléguant le leader de l’Opposition au second plan, une fois de plus, Navin Ramgoolam est monté au créneau pour tenter de sauver les apparences et renvoyer la balle dans le camp du gouvernement. Mais son Body language l’a trahi car on voyait bien combien il était embarrassé lors de sa conférence de presse parce qu’il ne s’attendait pas que ce scandale allait apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs et qu’aux yeux de la population c’est la confirmation que le régime travailliste sous son règne était bel et bien pourrie.

Depuis sa défaite aux élections de décembre 2014, Navin Ramgoolam traine plusieurs casseroles en passant par les scandales Nandinee Soornack, Dufry/Frydu, la dilapidation des fonds du parti Travailliste pour l’achat des chaussures et parfums hors de prix dans les plus grands magasins des capitales européennes et d’autres encore, le leader des rouges n’avait vraisemblablement pas besoin d’une énième histoire de corruption à son palmarès.

Malheureusement pour lui et pour ceux qui s’attendaient à ce que ce soit le gouvernement qui se fasse épingler sur ce dossier, une fois n’est pas coutume, les faits et les documents mis à jour par le Deputy Prime minister, Ivan Collendavelloo vienne établir que c’est encore et toujours Navin Ramgoolam et le parti Travailliste qui se retrouve au banc des accusés pour corruption.

Aujourd’hui pour la population mauricienne et le monde entier il ne fait plus l’ombre d’un doute que Navin Ramgoolam est une pourriture de la pire espèce qui soit et qui s’accroche désespérément à son poste de leader du Parti Travailliste afin de ne pas finir dans l’oubli et dans l’opprobre. Tous les faits exposés sur sa gestion du pays entre 1995 et 2000 et entre 2005 et 2014 sont gravés dans les mémoires et il ne fait plus l’ombre d’un doute que l’homme n’est plus apte ni qualifier pour tenir les rênes d’un gouvernement. A l’heure actuelle où nous subissons de plein fouet les effets néfastes de la pandémie du coronavirus bon nombre de nos concitoyens font toujours le cauchemar de ces billets de banque qui s’éjectaient des coffres-forts de Navin Ramgoolam et jusqu’à présent le principal concerné n’a pu donner des explications plausibles à ce sujet.

Mais à travers les scandales qui ont été dévoilés par le gouvernement depuis 2014, la population n’a pu avoir une idée sur la provenance de cette somme de Rs 220 millions retrouvés dans les coffres et les valises de Navin Ramgoolam. La liste des scandales est très longue Betamax, CT Power, Bagatelle Dam, achat des avions d’Air Mauritius, dans tous les cas cités des magouilles attribués au leader du parti Travailliste et c’est la population qui en a fait les frais.

L’affaire St Louis vient aujourd’hui s’ajouter à cette longue liste de méfaits du régime travailliste au détriment des caisses de l’Etat et des intérêts de la nation. La Banque africaine de Développement a effectué son enquête et tôt ou tard nous serons en présence de ce rapport tant convoité et faut saluer le fait que de son côté dès qu’il a eu connaissance de cette affaire le Premier ministre, Pravind Jugnauth a pris les mesures fortes et courageuses pour tenter d’y voir plus clair.

Une enquête a également été initiée par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) et très bientôt nous serons en présence des premiers éléments qui confirmeront que le scandale remonte à 2014 dans l’octroi du premier contrat qui a été par la suite justement annulé par le Central Procurement Board. Donc Navin Ramgoolam et ses acolytes ne perdent rien pour attendre et dans un proche avenir nous verrons ce qu’ils auront à dire pour leur défense.

Par ailleurs, Ivan Collendavelloo a également mis en exergue le silence assourdissant du MMM sur ce dossier durant l’année 2014 quand les mauves et les rouges étaient en pleine négociation pour une alliance politique.

Depuis toujours, nous savons que loin de leur slogan la main propre et la tête haute, le MMM est un parti qui cache bien son jeu pour ne pas se faire remarquer. Toutefois, ceux qui suivent de près les agissements de Paul Bérenger et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs savent très bien comment fonctionne la machinerie de financement mauve.

Pour le grand public il suffit de passer à la loupe les Private Notice Question de Paul Bérenger à l’époque où il était leader de l’opposition. Toutes les questions sont posées en fonction des intérêts de ces principaux bailleurs de fonds et étaient formulées soit pour promouvoir un aspect quelconque ou pour mettre des bâtons dans les roues d’un éventuel concurrent sur un dossier spécifique.

Le dossier de l’énergie électrique est très cher à Paul Bérenger et il sait pourquoi, simplement parce que c’est sous son primeministership que les contrats en béton ont été signés avec les producteurs indépendants d’électricité qui sont principalement les représentants du gros capital et des barons sucriers, ces mêmes personnes et entités qui financent grassement et généreusement le MMM.

Si vraiment le Parti Travailliste et le MMM n’ont rien à se reprocher et ont des informations compromettantes contre l’actuel gouvernement pourquoi n’avoir pas soulevé le dossier depuis toutes ces années et avoir attendu maintenant, c’est-à-dire après le communiqué de la Banque africaine de Développement ?

En tout cas. les prochains épisodes de cette saga promettent d’être très intéressants. Attendons voir.

Terra Del Fuego

Posted by on Jun 24 2020. Filed under Economie, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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