Abus de pouvoir : Revers de la médaille pour Dev Jokhoo…



Didier Nombreuse et trois autres personnes innocentés par la justice face aux accusations de l’ancien patron du NSS

  • La cour a toutefois jugé de peu fiable la version de l’ancien DCP

Didier Nombreuse, Christophe Content, Winsley Lebon et Mario Content peuvent dorénavant dormir sur leurs deux oreilles. Ces quatre habitants de Terre Rouge, étaient poursuivis depuis décembre 2011 pour rébellion et obstruction à une opération de la police. Cela à la suite d’une altercation qui aurait éclaté entre le premier mentionné et l’ancien directeur du National Security Service (NSS), et ancien Deputy Commissionner of Police (DCP), Dev Jokhoo. La cour de Pamplemousses a ainsi accordé le bénéfice du doute aux accusés, notant des contractions dans la version de l’ancienne main droite de Navin Ramgoolam et jugeant ses dires peu fiables.

C’est une affaire, qui remonte à l’époque où le leader des rouges était encore le chef du gouvernement. Lors d’une veille de réveillon, Dev Jokhoo, un de ses soldats et aussi haut-gradé de la police est entré en collision, à hauteur d’Arsenal, avec Didier Nombreuse, un motocycliste, qui revenait de son travail comme serveur. La BMW du haut gradé, qui était aussi occupé par son épouse et son enfant, a heurté, le jeune homme alors âgé de 23 ans, à l’arrière. Et lorsque le jeune est allé lui demander des explications. Le ton entre les deux hommes serait vite monté et la situation aurait dégénéré. 

Selon la version du serveur, Dev Jokhoo lui a d’abord demandé s’il le connaissait. Répondant le négatif, ce dernier est retourné vers sa voiture pour revenir avec une matraque. Le DCP s’est alors mis à donner des coups sur tout le corps du jeune. Trois policiers qui étaient en patrouille dans leur véhicule, sont ensuite arrivés et ont voulu interpeller l’habitant. Mais entretemps, des habitants, ne pouvant rester insensible à cette scène sont venus s’interposer. Le jeune homme s’est alors saisi de cette occasion pour prendre la fuite. 

Après l’incident, Didier Nombreuse est transporté à l’hôpital de Pamplemousses par ses proches qui sont arrivés entre-temps sur les lieux. Sur place, il remplit une Form 58 et reçoit les premiers soins. Mais sur le chemin du retour pour Terre-Rouge, il ressent, dit-il, d’autres douleurs. Il se rend cette fois à l’hôpital Jeetoo où le médecin lui accorde quatre jours de congé de maladie. Il a aussi consigné une déposition pour brutalités policières au poste de police de Terre-Rouge. Mais des habitants non-contents, sont eux aller manifester devant la maison du haut gradé. 

L’enquête sur cet incident survenu dans la soirée du vendredi 30 décembre, a immédiatement pris une tournure plus sérieuse. Le 6 janvier, cinq habitants de Terre-Rouge se retrouvent sous le coup d’une arrestation, pour les raisons mentionnées plus haut. L’un d’entre eux, un septuagénaire qui a rendu l’âme au cours de l’enquête judiciaire. Didier Nombreuse s’est lui retrouvé aussi accusé d’avoir endommagé un véhicule de police. 

Récemment en cour, le sergent Imambux a donné sa version affirmant qu’il était en patrouille lorsqu’il a aperçu Didier Nombreuse en train d’insulter le directeur du NSS. Le sergent dit être descendu de son véhicule pour essayer de ramener le jeune à la raison mais que ce dernier s’est mis en colère, a menacé et a même tenté d’agresser le DCP. Cela alors que des habitants hostiles se sont massés contre eux. Les deux autres constables ont abondé dans le même sens.

Pour sa part, dans sa déposition, le Deputy Commissioner of Police explique qu’il rentrait chez lui dans sa voiture lorsqu’un motocycliste aurait doublé une file de voitures pour venir s’arrêter brusquement devant lui. Il avait déclaré qu’une discussion a ensuite éclaté entre le motocycliste et lui et que celui-ci a, par la suite, assené un coup de casque au capot de sa voiture avant de s’enfuir. Il nie avoir agressé le jeune homme. Selon le DCP, Didier Nombreuse est ensuite venu manifester, avec d’autres personnes, devant son domicile.

La cour a toutefois jugé de peu fiable la version de Dev Jokhoo dans cette affaire. « Bien qu’il ait expliqué en détail comment l’accusé numéro 1 l’avait insulté, alors que celui-ci tenait ses parties intimes dans ses mains, il n’avait jamais mentionné cela dans ses déclarations à la police » soutient la cour. Notant ainsi des contradictions dans sa version.

Pour rappel, cette affaire est l’un des points noirs qui a marqué la fin de règne de Navin Ramgoolam et du Parti Travailliste. C’est même le symbole de l’abus de pouvoir qui le caractérisait.  Ce qui a obligé le Grupman Larkansiel Kreol à émettre un communiqué pour dénoncer en ces termes : « Dans le sillage de l’accrochage du 30 décembre(2012) ,jeudi de la semaine dernière un fort détachement de policiers vient interpeller quatre membres d’une même famille pour les emmener au poste…Ils sont arrêtés accusés de « rébellion », présentés au magistrat et paient une caution pour retrouver la liberté provisoire… 

Conclusion implacable : les deux protagonistes n’ont pas bénéficié du même traitement de la police. De quoi s’indigner voire …se rebeller ! »

Posted by on Jul 9 2020. Filed under Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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