La grande réinitialisation du monde : entre fantasme et nécessité…



Le Covid19, apparue fin décembre en Chine, est loin d’être la première et la plus meurtrière pandémie dans l’histoire de l’humanité. Dès l’Antiquité, les hommes ont dû affronter des maladies virales mortelles, qui comme aujourd’hui, sont liées à l’essor des échanges commerciaux entre États. Et à chaque fois, que le monde a été touché par ces épiphytie, cela marqua inévitablement les civilisations au point de les faire vaciller, ou en tout cas d’imprégner leur histoire et leur culture. Car en effet, les grandes pandémies sont depuis toujours connu comme des révélateurs de la nature humaine. 

« Le Covid-19 n’est pas la fin du monde, mais il nous interpelle pour construire un monde meilleur » disent les penseurs et intellectuels du monde entier. Alors que les dirigeants de la planète multiplient les plans pour trouver un équilibre entre sécurité sanitaire et redémarrage de l’économie, l’heure a aussi été aux questionnements, extrêmement nombreux, pour que la planète se réserve un avenir meilleur. Tous veulent tirer des leçons humaines de cette catastrophe qui aura mis le doigt sur notre communauté de destins. Et pour beaucoup, il faut profiter de cette occasion pour redonner un nouveau souffle au monde.

Un changement du modèle du monde est ainsi devenu le plus grand fantasme des leaders mondiale, qui veulent pour l’après crise du Covid-19, créer un monde plus durable et ou l’être humain et l’environnement sera une priorité sure. Mais cette objective est toutefois loin d’être acquis car, les conséquences de la crise a nécessité un retour rapide aux anciennes habitudes. Et le “business as usual” a déjà pointé le bout de son nez. Cela alors que ni les inégalités sociales, ni le réchauffement climatique n’ont disparu par magie. Les plus pessimiste se demande eux, si le monde d’après ne ressemblera pas à « un océan de misère ».

Le forum économique mondial (FEM)

En début de ce mois de juin, les premières initiatives concrète ont toutefois commencé à se dessiner. Le forum économique mondial (FEM), réunissant l’élite politique et économique mondiale ainsi que des intellectuels et des journalistes, afin de débattre les problèmes les plus urgents de la planète, l’organisation a, depuis quelques temps déjà, affirmé qu’il faudra une réinitialisation du monde ou comme ils l’appellent « the great reset ». 

Connu pour organiser chaque année le sommet de Davos, réunion annuelle qui avait jusque-là toujours visé un monde plus productif avec une prise en compte croissante de l’environnement ces dernières années, a d’ailleurs annoncé la création d’un nouveau sommet baptisé le nom mentionné plus haut. La première édition se tiendra en janvier 2021. Pour ces membres, dont le Prince Charles d’Angleterre, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, la directrice générale du Fonds monétaire international Kristalina Georgieva, le spécialiste de l’économie du climat Lord Stern, les patrons de Mastercard et Microsoft et des représentants de la jeune génération, présent à travers une conférence virtuelle, il s’agit désormais de donner de nouvelles bases à l’économie. 

Une fenêtre d’opportunité

Avec l’art de la formule qui le caractérise, le fondateur et toujours président du FEM, l’économiste allemand Klaus Schwab a affirmé qu’on ne pouvait rester dans le monde d’avant. « La crise du COVID-19 nous a montré que nos anciens systèmes ne sont plus adaptés au 21e siècle », a estimé ce dernier. Ajoutant que « la pandémie représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour repenser, réinventer et réinitialiser notre monde ». 

Si cela semble un rêve pour beaucoup, et bien pas pour Kristalina Georgieva, directrice du Fonds Monétaire international (FMI) : « Nous avons assisté à une injection massive de mesures de relance budgétaire pour (…) que la croissance revienne. Il est primordial que cette croissance conduise à un monde plus vert, plus intelligent et plus juste à l’avenir. Il est possible de le faire. Pourvu que nous nous concentrions sur les éléments clés d’une reprise – et agissions maintenant. Nous n’avons pas besoin d’attendre » a-t-elle déclaré.

António Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, applaudit l’initiative du forum de Davos. “Le Great Reset est une reconnaissance bienvenue que cette tragédie humaine doit être un signal d’alarme, déclare-t-il. Nous devons construire des économies plus égales, inclusives et durables, et des sociétés qui soient plus résilientes face aux pandémies, au changement climatique et les nombreux autres changements globaux qui arrivent ».

Le prince Charles a de son côté déclaré que « La reprise suite à la crise du coronavirus représente une opportunité de réinitialiser l’économie mondiale et de prioriser le développement durable sans endommager davantage la planète ». De faire ressortir que « Le monde a changé, nos fragilités ont été mises à nues, notre système a besoin d’une remise à zéro ».

Les banques centrales à l’action

Les grandes banques centrales y croient aussi. Au même moment, celles-ci publiaient une tribune dans le quotidien britannique The Guardian. “À moins que nous agissions maintenant, la crise climatique sera le scénario privilégié de demain et contrairement au Covid-19 personne ne pourra s’isoler pour l’éviter“, assurent-ils. Au rang des signataires, on trouve le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) Andrew Bailey, celui de la Banque de France François Villeroy de Galhau, le directeur de la supervision de la banque centrale néerlandaise et président du NGFS (Réseau des banques centrales pour verdir la finance) Frank Elderson et l’envoyé spécial de l’ONU pour le climat Mark Carney.

Ces hauts responsables sont déjà à l’œuvre, dans le cadre du Réseau pour verdir le système financier (NGFS), qui réunit 66 banques centrales dans le monde. Celui-ci vise notamment à échanger des bonnes pratiques pour faire en sorte que les établissements financiers qu’ils supervisent (banques, assurances, société de gestion, etc.) prennent en compte le changement climatique dans leurs décisions.

Les auteurs de la tribune estiment que la crise du coronavirus “offre la chance d’une vie” pour rebâtir l’économie de manière à lutter contre le changement climatique. Ils saluent les mesures de soutien massives mises en place pour amortir le choc de la crise sanitaire et éviter une récession trop profonde. Mais il est nécessaire de penser au-delà de la pandémie, préviennent-ils, alors même que les pays dans le monde sont loin, selon eux, de respecter les Accords de Paris sur le climat, qui visent à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C.

Un business plan existante à travers les objective de développement durable

Pour plusieurs experts, un premier business plan existe déjà pour démarrer le travail afin d’instaurer les paramètres du nouveau monde. Cela se trouve, selon eux, dans le rapport des Objectifs de Développement Durables (ODD) adoptée en 2015 par l’ONU. Si pour beaucoup, 11 des 17 objectives, permet de comprendre la chaine de causalité de cette crise à répercussions multiples, elle représente également un cap de développement de référence pour l’après crise, notamment pour les acteurs économiques. 

Dans sa grille d’analyse, ODD expliquait qu’il ne peut exister d’économie pérenne sans la protection sociale et sanitaire des populations et de l’environnement. Ce principe de base du développement durable, incarné par les 17 Objectifs de développement durable, trouve aujourd’hui sa traduction concrète et dramatique dans la crise du Covid-19. Car le virus parti d’un marché local de Chine a désormais contaminé tous les continents entraînant une crise sanitaire, économique et sociale en un temps record.

Les obstacles

Compte tenu des réalités actuelles, la progression dans la mise en œuvre des ODD dépend étroitement de plusieurs facteurs liés entre eux. Premier facteur : la façon dont les partenaires sociaux, travailleurs, employeurs, gouvernements et agences de développement participent plus efficacement au Système de développement des Nations Unies (SDNU) afin de répondre rapidement par des politiques et des programmes. 

Deuxième facteur: la volonté des pouvoirs publics nationaux de maintenir les engagements de ressources affectés aux cibles des ODD et leur capacité à s’adapter aux nouvelles exigences et initiatives politiques émergentes. Troisième facteur; la quantité de ressources (humaines et financières) mobilisées localement et via des partenariats mondiaux et régionaux avec de multiples acteurs pour répondre aux difficultés immédiates et à long terme. 

Enfin dernier facteur: la prise de conscience politique que pour une large part, les mesures prises pour répondre au COVID-19 s’inscrivent dans la mise en œuvre du Programme de développement durable pour 2030 même si elles ont été induites par la crise.

Posted by on Jul 14 2020. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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