Daimlers club de Maurice : une grande famille avant tout…



La route n’est guère un terrain de jeu…Le nombre important d’accidents et de victimes qui en ont fait les frais porte même parfois à la frayeur. La prudence doit être maître surtout de nos jours, par la grande fiotte de véhicules qui est en circulation. La seule façon d’éviter à coup sûr un accident est uniquement de rouler le moins possible, car sur la route, un malheur peut vite arriver. La mort de Paul Walker est d’ailleurs le cynique exemple que même le meilleur des pilotes peut y laisser sa vie. Chez les membres du Daimlers Club, tous en sont complètements conscients mais cela ne les freine en rien quant à leurs passions.

Certes, les dangers sont réels pour les membres de ce club de motard comme pour tout autre usager de la route. Mais l’amour que portent ces motards lorsqu’ils enfourchent leurs bécanes, pour vivre le temps d’une journée une balade est plus fort que tout. D’ailleurs, ils se vouent corps et âme à leurs engins, au point ou parfois même leur copine ou leurs épouses en sont jalouses. Et c’est pour cette raison que depuis plus de deux décennies, ce club existe et continue de régaler les amateurs partout à travers l’ile chaque fin du mois. 

Les jeunes les envient à mort et certaines femmes ne peuvent s’empêcher de succomber à leurs charmes. Pour eux, c’est une passion qui vient naturellement. Sur leurs motos, ils se sentent libres et prennent de grands bols d’air frais. Et ils raffolent de cette sensation unique de totale liberté que leur procure leur mangeuse de bitume. Certains aiment être couchés sur la route lorsqu’ils conduisent et ne font qu’un avec leurs engins. Et même si les automobilistes ne leur font pas de cadeaux, les motards de Daimlers ne s’essoufflent pas, car ils ont l’esprit baroudeur. 

Ils sont pourtant fonctionnaires, chef d’entreprises, travailleur indépendant ou simple employé. Ils habitent à Curepipe, Port-louis, Beau-Bassin, Flacq, Quartier Millitaire et d’autres endroit de l’ile. Mais pour eux, cela n’a point d’importance tout comme leurs origines, appartenance ethnique, milieu social, ou préférence politique. La seule chose qui compte est leurs passions communes pour les deux-roues plus particulièrement, les grosses cylindrés. Et cette penchant fait des trentaines de personnes qui forment actuellement le Daimlers Club une grande famille, qui est toujours prêts à s’entraider et à être présents l’un pour l’autre.

C’est, il y a environs 25 ans de cela qu’a été créé le Daimlers Club de Maurice. A l’époque, c’était uniquement un groupe d’amis qui se rencontrer pour faire des virées à moto. C’était des 50cc, de 75cc ou des 100cc mais ils se réunissaient quand même tous les derniers dimanches du mois pour faire des tours de l’île. Le but était uniquement de découvrir le paysage mauricien et de passer une journée sur la route entre amis. Et ensuite d’aller à la plage ou à des lieux qu’ils ne connaissaient pas. Aujourd’hui, les traditions sont restées les mêmes, mais elles sont devenues plus grandes et organisées. 

Notre interlocuteur, Krish Boyjoo, secrétaire du club, explique que désormais, il n’y a que des grosses cylindrées parmi les membres. Cela va de 400cc à 1400cc et comprend des Roadster, des Custom, desTrails et des compétitions. A la vue du règlement qui oblige les motocyclistes à avoir leurs permis de gros cylindrés selon des étapes, les motards de Daimlers sont ainsi âgés de 28 à 60 ans. Si jadis, ils se sont rencontrés aléatoirement, dorénavant c’est le Intermart de Ebène qui est devenu leur nouveau lieu de rencontre car placé dans le centre, tous les motards y trouvent leurs comptes. Aussi la route qu’ils prendront pour leur balade est déjà établie au préalable. 

Pour Krish Boyjoo, la passion pour la moto, lui est devenue automatiquement. « je l’avais dans la peau » a-t-il fait ressortir. C’est depuis tout jeune qu’il s’est pris d’amour pour les deux roues et au fil du temps, cette passion s’est amplifiée. Alors qu’il possédé avant une GSX 1400cc aujourd’hui c’est sur son GSR 750 qu’il affronte la route. Il explique que beaucoup de son temps sont consacrés à sa moto. « Lorsqu’on aime quelque chose, on en prend bien soin. On passe des heures à la bichonner, la nettoyer, on veut qu’il soit étincelant et au top de sa forme » dit-il.

Les balades

Comme tous les autres membres, c’est par ailleurs, leurs balades communes que le secrétaire de Daimlers affectionne le plus. « C’est d’abord un véritable plaisir de partager cette passion avec d’autres passionnés. Sur le bitume tout disparaît, tout s’oublie ne serait-ce que pour un instant. On se salut par des simples gestes et on se comprend entre nous. Le contact passe automatiquement même si ce n’est que pour quelques minutes sur une pompe à essence. A la fin de la journée, on est comme tous épanouis et on se sent léger. C’est une sensation particulière qui ne peut pas s’expliquer, mais doit être vécue » renchérit Krish Boyjoo, qui nous a d’ailleurs invité pour leurs prochains virés.

Leurs dernières balades remontent à la fin du mois de juin soit après le déconfinement. Ils se sont ainsi rencontrés après près de 75 jours. Ils se sont rendu comme d’habitude à Ebène, pour prendre la direction de GRNW, en passant par Réduit et Pailles. « Nous avons procédé à Chamarel par Canot, Albion, Cascavelle, Rivière Noire où il y avait une pluie légère et une brise fraîche. C’était agréable de voir comment la nature était de retour, des paysages verdoyants autour de nous. Nous nous sommes dirigés vers le Bassin Blanc et notre premier arrêt était au Winner’s Chemin Grenier pour une collation légère. Aucun déjeuner n’était sur le plan, nous sommes donc passés par la foule Chemin Grenier, Surinam, Souillac et Rivière des Anguilles et La Flora avec un autre temps froid vers l’autoroute et le point d’arrivée à Phoenix » souligne Krish Boyjoo.

Des sommes pittoresques 

Cette passion n’est toutefois pas gratuite. En effet, ils sont nombreux, les amateurs de grosses motos, à dépenser leur temps et à claquer une fortune pour l’entretien de leurs bolides qu’ils vénèrent comme des bijoux. Les prix de ces fauves apprivoisés ne sont également pas donnés, car certains s’élève même jusqu’à Rs 1 million, outre l’investissement dans le blouson, les gants et les bottes. Mais aussi ils sont très à cheval sur les qualités des bécanes qui doit cumuler les superlatifs tels qu’une bonne prise en main, une bonne position de conduite, maniable et stable, et qui n’est pas fatigante. Et si certains de ces bolides consomment beaucoup en carburants, d’autres doivent être constamment entretenus et ses sommes d’argent importantes.

Des règles

Le secrétaire de Daimlers fait aussi ressortir qu’il existe également des règles auquel les membres sont soumis. Par exemple, si un des motards n’a pas apporté son permis ou ses papiers d’assurance ou de déclaration, il ne fera pas partis du voyage. Les membres sont également tenus de porter le maximum d’équipement de sécurité tels que les gants, les bottes etc. mais aussi, ils se font un devoir de rouler dans le respect des uns et des autres, soit en file indienne, et appliquant à la lettre les règlements du code de la route. Si un motocycliste ne respecte pas ces conditions, il risque d’être bannis du groupe.

Une famille

Derrière cet amour un peu macho pour les grosses cylindrées, se cachent néanmoins des têtes d’ange qui plébiscitent avant toute chose la convivialité et l’amitié. Outre le fait d’appartenir au même club, ils vivent en dehors de cela comme une famille et n’hésitent pas à faire des ‘get together’ avec leurs familles respectives pour aller au restaurant, chez un membre, des séjours à l’hôtel et faire des activités familiales. En 2018, ils sont même aller ensemble à Rodrigue où ils ont rencontré les motards de là-bas. 

Krish Boyjoo explique aussi qu’il y a toujours une bonne ambiance lorsqu’ils se rencontrent. Hors l’idée d’être des êtres solitaires comme beaucoup peuvent le penser, ils forment une sorte de communauté qui exalte l’idée d’une certaine solidarité sur la route. Les membres ne ratent aussi aucune occasion pour venir en aide au gens nécessiteux et apportent du soulagement à des familles à travers des dons.

Une femme parmi les membres. 

Si certains pensent que cette passion est réservée qu’aux hommes et bien détrompez-vous, car, parmi les membres du Daimlers, se trouve également une femme. Cela en la personne de Karo, une enseignante à l’école du Nord. Cette dernière, mère de trois filles a eu sa première moto à l’âge de 15 ans. Et les filles de la motarde sont d’ailleurs atteintes par le même virus que leurs mères, qui possède trois motos. Aujourd’hui, elle fait corps avec une Honda CBX 750 et suscite l’admiration de ses élèves qui n’ont pas l’habitude des « maîtresses à moto ». 

Si Karo sent que, pour certains hommes, la femme et la moto ne sont pas compatibles, notre motarde ne se résigne pas. Son engin est un moment de détente et pour elle, et il n’y a rien de mieux qu’un petit tour à moto quand on ne se sent pas bien. « Tant pis pour ceux qui pensent qu’une femme n’est pas faite pour piloter une moto. Je me sens tout à fait femme sur ma cylindrée et même si au feu rouge, les gens rigolent parce que je dois me mettre sur la pointe des pieds, pour rien au monde je ne me séparerai de mon bolide. » 

La grande messe

Le Daimlers Moto Club organise aussi chaque année la Grande Messe des motards. La cérémonie se tient généralement en novembre dans une église de leur choix. Cette messe est donnée, en signe de remerciements. « En tant que motards, nous avons pu rouler un an sans subir d’accident. On organise ainsi cette messe chaque année et tous les clubs, ainsi que toutes les communautés sont invités. Cette messe est devenue une tradition et est organisée dans le but de garder tous les passionnés de moto sains et saufs sur la route », a déclaré le secrétaire de Daimlers

Posted by on Jul 31 2020. Filed under Forum, Opinion, Société. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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