Le Premier ministre : « Le pays a ainsi évité une situation écologique plus grave »



  • « Excuse ? Bé dir mwa kot monn foté ? »
  • «  Il y aura des réclamations auprès de l’assurer du navire, cela va se faire au fur et à mesure » affirme-t-il

A l’issue de la réunion du National Crisis Management Committee, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a réuni la presse, mercredi dernier pour clarifier les choses et a répondu aux plusieurs questions des journalistes concernant le naufrage du navire Wakashio dans le sud du pays. Y étaient présents à cette occasion, le ministre de l’Environnement, Kavi Ramano, le vice-Premier ministre et ministre des Administrations régionales et du « Disaster Risk Management », Anwar Husnoo, et le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, entre autres.

Le Premier ministre a déclaré que presque tout le volume de fioul a été pompé depuis le MV Wakashio à ce mercredi 12 août. « Des 4 180 tonnes métriques de fioul que transportait le navire, 3184 tonnes métriques d’huiles lourdes ont été pompées, quelque 800 tonnes métriques ont été déversées en mer depuis le réservoir fissuré, et 166 tonnes métriques de fioul sont toujours quelque part à l’intérieur du vraquier et seront pompées sous peu », a affirmé le Premier ministre qui a précisé que jusqu’à mercredi (midi) 570 mètres cube d’huile lourde ont été pompés en mer et 150 tonnes de déchets ont été ramassées devait-il ajouter.

Pravind Jugnauth a aussi annoncé que le vraquier peut se casser en deux à n’importe quel moment avec les fissures des deux côtés. Selon lui, la mer a été calme et cela a permis le bon déroulement des opérations. Le Premier ministre a, dans la foulée, remercié tous ceux qui ont apporté leur soutien, direct ou indirect dans les opérations. Il a aussi remercié les pays amis. Il a aussi annoncé que l’enquête sur le Wakashio se terminera sous peu et des actions nécessaires seront prises.

Selon le chef du gouvernement, le gouvernement a fait tout en son pouvoir pour éviter une autre situation de déversement d’huile en mer. « Le pays a ainsi évité une situation écologique plus grave », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a, par ailleurs, indiqué que l’heure est maintenant au nettoyage du lagon et des plages. « Cependant, l’équipe des sauveteurs doit abattre un travail important, soit l’extraire les batteries et matériels, entre autres du navire. Ce sont des sources de pollution », dira Pravind Jugnauth qui a aussi soutenu que : « les experts continuent à nous guider dans l’installation des bouées, car l’huile bouge ».

Il a dit qu’on doit retirer les boudins artisanaux, car ils sont remplis. «Il faut les placer dans des conteneurs et les transporter à La Chaumière pour le tri.  Il faut s’assurer que les plages soient propres afin que la population puisse en profiter. Or, il est difficile de dire combien de temps cela va prendre », a-t-il souligné.

Le chef du gouvernement, a fait comprendre que c’est sur les conseils de la ‘Salvage Team’ qu’on n’est pas intervenu quand le navire s’est échoué. Il a ainsi maintenu qu’on ne pouvait pas mettre la vie des gens en péril. Par ailleurs, le Premier ministre a laissé entendre qu’il ne comprend pas pourquoi il devrait présenter des excuses. « Excuse ? Bé dir mwa kot monn foté ? », se demande Pravind Jugnauth qui a maintenu qu’il n’a pas fauté.  

Et d’ajouter que : « Ce qui se passe en ce moment, nous l’avons vécu pour la Covid-19. Au début certains nous avaient traités d’incompétents. Les critiques ont plu dès le départ. Je dois avouer qu’on ne se disposait pas de équipements nécessaires. Or, maintenant on les a. Maurice est un des rares pays où il n’y a pas des cas de Covid-19. Les mêmes personnes, qui nous critiquaient, demanderaient alors pourquoi avons-nous acheté ces équipements ».

Dans la foulée, le Premier ministre a fait ressortir que les gens savent comment il assure la sécurité du pays. « On sait comment je travaille. Pendant la période des émeutes dans le pays, personne ne savait où se trouvait le Premier ministre d’alors. Missié là ti pé amusé et champagne ti pé couler. Et ce n’est même personne qui vient de dire que je ne sais pas assurer la sécurité du pays. Si les gens veulent avoir trois capitaines, alors ‘sa trois-là pou tass lor récif », a-t-il dit.  

Soutenant qu’un accident s’est produit, il a affirmé qu’un comité a été mis sur pied.  « On nous a causé des préjudices. On a évité une plus grande catastrophe. Mais le ‘blame game’ va se produire. Ma priorité était d’extraire l’huile du navire. Chose qu’on a faite et maintenant il faut nettoyer la mer », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a aussi déclaré que les experts nous avaient fait comprendre que le risque que l’huile ne se déverse dans la mer, n’était pas élevé et qu’on ne pouvait le pomper dans les conditions qui prévalaient. « Selon leur avis, il fallait stabiliser le navire et surtout ne pas mettre la vie des gens en danger » a-t-il expliqué.

D’autre part, Pravind Jugnauth a affirmé qu’il n’y a aucune trace de fioul à l’Ilot Mangénie et à l’île -aux-Cerfs. Il a déploré le fait que le pays fait face à une crise sans précédent et a dit que le parc marin de Blue bay n’a pas été affecté. « On l’a protégé. Il faut extraire l’huile déversée dans la mer. Les experts sont là. Il y a ceux des Nations-unies de France et du Japon. Ils ont l’expertise dans le domaine », a-t-il affirmé.  

« Qu’est-ce qu’on aurait dû faire des recommandations des experts. Aurais-je dû mettre la vie des gens en péril ? Soyons sérieux », dira le Premier ministre qui a ajouté qu’on a suivi les conseils des experts. « La population doit savoir ce qu’on a fait. Quand un ‘Salvage Master’ prend possession d’un navire, il est le seul maître à bord. Mais il y a eu une fuite dans un réservoir et le fioul s’est répandu dans la mer. On doit se fier aux recommandations des experts », a-t-il soutenu.

Dans la foulée, Pravind Jugnauth se demande si la BBC a mené une enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé. « La BBC me demande si je vais présenter des excuses. « Même si li appel BBC, so what ? », s’est-il demandé. Il a ainsi fait ressortir que depuis le début, la BBC s’est adressée à Rézistans Ek Alternativ, Sunil Dowarkasing, Joanna Bérenger et même à un ‘kite surfer’ qui est devenu expert. « Il leur fallait aussi avoir ma version », a-t-il souhaité.

Par la même occasion, il s’est appesanti sur le fait que : « Si le gouvernement avait acheté des équipements pour faire face à une telle situation, alors ceux qui critiquent auraient dit que le gouvernement investit dans des équipements qui ne sont d’aucune utilité ».

Le Premier ministre a, par ailleurs, laissé entendre qu’il y aura des réclamations auprès de l’assurer du navire. Il a précisé que cela va se faire au fur et à mesure. «On n’a pas encore fait une estimation des dégâts. Des experts nous aideront dans cette tâche », a-t-il dit.

Pravind Jugnauth a d’autre part, déclaré que la lumière sera faite sur cet accident. Il a soutenu que l’enquête va établir les responsabilités au niveau du navire. Le chef du gouvernement a ainsi indiqué que c’est l’enquête qui va déterminer comment le bateau est arrivé sur les récifs. Il a aussi affirmé qu’on verra s’il faut initier une enquête interne.

Quant au ministre de l’Environnement, Kavi Ramano, il a déclaré que depuis dimanche soir, soit le jour du naufrage, des bouées ont été installées au parc marin de Blue Bay, à l’île-aux Aigrettes et les sites Ramsar.

Kavi Ramano a aussi affirmé que les bouées ont aussi été placées près du navire. Or, dira-t-il, avec le mauvais temps, elles ont été déplacées. Pour le ministre, les experts avaient souligné que le risque d’un ‘oil spill’ était minime.

La BBC, les critiques, les experts, le Covid-19… Lors de son point de presse – à laquelle l’express n’était pas invité, nos journalistes s’étant fait refouler à la porte – le Premier ministre a, en ce mercredi 12 août, une nouvelle fois évoqué la façon dont la pandémie de Covid-19 a été gérée à Maurice. Histoire de dresser un parallèle avec la gestion de la crise autour du Wakashio. A la question d’un  confrère, qui souhaitait savoir si des excuses étaient de mise, Pravind Jugnauth a répété : «Exkiz ? Bé dir mwa kot monn foté ? (…)» 

Quant à l’exercice de pompage à bord du vraquier, il a déclaré : «Ress ziss, fason dé parlé, enn tigit, pou bizin koumma nou dir ‘graté’…» Laissant ainsi entendre que pratiquement  toute l’huile avait déjà été pompée du Wakashio. Le fioul récolté sera recyclé, a expliqué le chef du gouvernement. Interrogé au sujet de la marche à suivre quant à l’épave du vraquier, il a déclaré qu’une partie pourra être remarquée au cas où le navire se disloquerait. Qui plus est, 3.5 km de bouées ont été déployées. Par ailleurs, les écoles qui étaient fermées jusqu’ici rouvriront dès demain, a annoncé le PM. 

Il a, par ailleurs, fustigé les experts en tous genres et l’interview qu’il a accordée à la BBC.«Tou dimounn inn vinn expert… ziska kite surfer inn vinn expert (…)»

Posted by on Aug 18 2020. Filed under Faits Divers, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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