Feel good factor…Tentative mesquine d’empêcher la population de respirer et de s’épanouir … le rôle de certaines presses décrié…



On est finalement arrivé à la période des fêtes, le moment le plus attendus par de nombreux Mauriciens qui n‘ont parfois que ce créneau pour se défouler et célébrer la vie après une longue année de travail acharné. Le temps est celle qui fait ruer les touristes chaque année sur notre île pour profiter d’un soleil éclatant et des plages dont l’éloge n’est plus un mystère. Et comparé à la moitié de la planète, Maurice est depuis plusieurs mois ‘Covid safe’ ainsi la population peut se déplacer librement sans crainte car il n’y aucun risque d’être contaminé par la pandémie meurtrière qui a fait plusieurs millions de mort dans le monde.

Dans l’après-midi, on peut déjà entendre des enfants, en vacances scolaires, qui laissent éclater leurs joies et font sonner quelques pétards, donnant les premiers coups d’envoi aux festivités. Les centres-villes commencent également à accueillir plus de gens, dont ceux qui aiment être en avance sur leurs préparatifs de fin d’année. Mais cette année spécialement, le cœur est moins à la fête et une tension subsiste surtout chez les personnes qui n’ont pu échapper à une campagne obscure que mène certaines presses pour déstabiliser le gouvernement.

En effet, depuis un certain temps, les nouvelles relayées par certaines agences médiatiques visiblement arbitraires, donnent l’impression qu’on est dans le noir total et que rien ne va plus dans le pays. Des médias proches avec l’opposition et qui ont comme but de créer une vague de contestation contre le gouvernement, ne manquent aucune occasion pour surmédiatiser les moindres informations déplaisants, rumeurs ou fantasmes susceptible de soulever une contrariété parmi les Mauriciens et cela semble marcher.

Une multitude d’initiatives et de mesures, parfois sortant de l’ordinaire, ont été pourtant pris pour préserver le bien-être des Mauriciens malgré cette fâcheuse année, marquée par des différents évènements qui ont été au-delà de notre contrôle. Mais les premières pages de certains journaux et les réseaux sociaux ne font que tapisser des articles sinistres souvent manipulés, qui ne laissent très peu de place à la gaieté ou l’espoir. Et à la radio, on entend que des drames et des malheurs et tout ce qui est nuisible à la bonne humeur, à longueur de journée.

Il y a un an, pile de cela, pourtant, la donne était différente. Les différents progrès qu’a apporté le gouvernement avec entre autres, le Metro express, la venue du pape, la victoire JIOI, l’augmentation de la pension et des salaires faisaient jubiler la masse Mauricienne. Un ‘feel good factor’ s’était emparé de la population. Syndicats, travailleurs social, ONG étaient unanimes à dire que le climat qui régnait à cette période était idéale pour l’épanouissement et surtout le développement du peuple.

Mais la victoire de l’alliance Morisien aux élections générales quelques semaines auparavant n’avait pas fait que des heureux. Les membres de l’opposition se sont réunis et avaient manifesté l’amertume de leurs défaites et ils ont été rejoints par certains patrons de presse qui étaient frustrés de leur côté. Depuis, c’est la débandade. Il n’a pas existé un jour sans qu’ensemble, ils mettent en route des stratégies pour obtenir une autre élection qui poussera l’équipe de Pravind Jugnauth hors du gouvernement. Mais pour l’instant c’est le peuple qui en subit les frais et cela sur le plan moral car bombardé d’articles néfaste H24.

Afzal Dawoodkhan : « Les jeunes sont complètement découragés car ils pensent que Maurice va couler ».

Ça fait plus de 15 ans qu’Afzal Dawoodkhan est sur le terrain à faire du social mais ces temps-ci, il affirme qu’il est devenu plus difficile pour aider certaines personnes car ces derniers n’ont plus foi en rien. Et cela souligne-t-il, de par les tonnes de nouvelles délétère qu’ils absorbent tous les jours. « Une section de la presse ne fait que transmettre tout ce qui est négatif mais jamais des bonnes choses ou des choses positif et encourageant. Sur la durée, cela créer des défiances dans la tête de certaines personnes. Ils n’arrivent plus à penser par eux même et à se projeter vers l’avenir car ils pensent qu’il n’y a plus aucune postérité à Maurice et que la réussite est devenue impossible. Beaucoup se contentent que de survivre en attendant je ne sais quoi. D’autres se servent de cette situation comme prétexte pour faire des choses qu’il ne faut pas faire. Ils choisissent le chemin de l’argent facile » dit-il.

Pour celui qui est aussi le président des forces vivre de Caro-Lalo et le président du club de judo de cette localité, notre société n’est pas malade comme certains médias veulent le faire croire. « Je ne dis pas que tout est parfait mais on a un gouvernement très actif et travailleurs, nos institutions marchent correctement, il y a plusieurs bases qui sont jetés pour l’avenir et on peut constater de nombreux progrès, notamment au niveau des lois, le sociale, la technologie et les infrastructures. Mais certains articles et médias ne reflètent pas cela. Si on les prend au mot, on pourrait croire que Maurice est dans un gouffre qui descend droit en enfer. Alors que ce n’est pas vrai, il y a beaucoup de choses qui sont loin de la vérité dans ce que racontent certains médias. Quand il s’agit du gouvernement, ils se permettent même de faire des jugements avant que les palais de justice fasses les leurs » dit-il.

Afzal Dawoodkhan dit trouver cela dégoutant car pour lui, c’est cette mentalité qui rend notre société malade. « Si on continue dans cette lancée, il n’y aura jamais de prospérité. On est pour la vérité, la justice et la transparence mais pas des attaques gratuites sans fondements ou preuve pour faire du mal. Certes, on veut savoir ce que font nos dirigeants mais maintenant, on ne peut même plus distinguer le vrai du faux et comme certaines personnes ne savent plus quoi croire, ils préfèrent penser que tout va mal. Les jeunes n’essayent même plus de comprendre ni de trouver des solutions. D’ailleurs, certaines presses se sont même destituées de leurs rôles d’informer des avantages et possibilités qu’offre l’état ou autres institutions. Seuls les polémiques nous sont présentés » fait ressortir le travailleur social.

« Si cela continue, Maurice sera plongé dans une autre bagarre »

Pour Afzal Dawoodkhan, on n’est pas loin d’une révolution active. « On constate sur le terrain que beaucoup de personnes consomme une haine par rapport à l’actualité qui sévit depuis plusieurs mois. Ils n’arrivent même plus à réfléchir paisiblement tellement qu’ils entendent toute sorte de choses tous les jours. Beaucoup sont animés par des sentiments d’injustice et une impression a été donné que la responsabilité les revient pour changer la donne. Et cela peut se manifester tôt ou tard par un excès de colère et de violence ». Dans cette lancée, il lance un appel à la population de ne pas se laisser influencer par qui que ce soit mais de réfléchir par eux même. Il explique également que le peuple doit agir en tant que patriote pour le bien du pays.

Anishta Seesurrun : certains médias jouent sur plusieurs fils sensibles

« Maurice est un pays multiculturel, multi-ethnique et multiraciale, la moindre étincelle peut causer un énorme incendie et alors qu’on est dans une situation délicate avec le Covid et autres, la moindre erreur peut causer la chute du pays. Et parfois je reste choquée par certains journalistes et médias qui se permettent de jouer avec le feu, quid à mettre le pays en danger pour des agendas cachés » c’est ce qu’a déclaré Anishta Seesurrun, consultante en investissement, fondatrice et présidente de Flame of Phoenix, une ONG qui a pour mission de venir en aide aux personnes handicapées et vulnérable par l’intégration et l’accompagnement professionnel.

La jeune professionnelle explique que certaines presses ont adopté depuis quelques temps une façon d’informer qui rend l’information toxique et nuisible. Elle fait ressortir qu’il n’y a plus d’équilibre et de neutralité de la part de certains médias mais uniquement des articles souvent incomplets et écrits de manière à influencer le lecteur.  Pour la consultante en investissement, beaucoup cherchent uniquement à faire du sensationnalisme sans se préoccuper de l’impact que cela peut avoir sur la société, parmi la population et pour le pays. Par ailleurs, elle explique que certains articles prêtent quasiment à la diffamation et entache l’image des personnes avant que celle-ci n’ait le temps et les moyens de se défendre. De faire ressortir que parfois, ces agissements peuvent être irrémédiable pour la carrière des personnes visés.

De l’autre côté, la fondatrice et présidente de Flame of Phoenix ajoute que le papier digital à donner une autre envergure à l’information. « De nos jours, les Mauriciens ont plus facilement accès à des articles, qui arrivent automatiquement sur leurs réseaux sociaux. Et elles peuvent êtres partager, relayer, commenter et autres. Certaines personnes ne sont pas intéressées à savoir si les articles sont vrais ou faux mais se précipitent pour les partager afin d’amasser autant de réaction que possible alors que l’information, souvent arbitraire, peut être un facteur destructeur pour de nombreux personnes. »

Celle qui a aussi été l’un des leader-adjoints du nouveau parti politique 100% Citoyen, met également l’accent sur des journalistes mauriciens qui se cachent derrière le territoire Français pour dégrader l’image de Maurice. Elle parle notamment d’un site supposément réunionnais mais qui est écrit majoritairement sur notre ile. « Certains journalistes se cachent derrière la juridiction étrangère et leurs articles portent indirectement ou directement atteinte à l’image et l’économie de Maurice. Ce n’est éthiquement pas raisonnable, ils ne savent pas le tort que cela peut causer. Et c’est tellement bête de sacrifier son pays pour des amis politiciens » conclu-t-elle.

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Question au Dr Catherine Boudet, analyste politique*

Certains médias agissent ainsi en véritables pyromanes

« Une certaine section de la presse est en train d’exploiter ou même de créer de l’actualité malsaine pour servir des agendas politiques de déstabilisation »

« La manipulation de l’information peut avoir plusieurs effets dévastateurs sur une population et sur un pays »

Pensez-vous que le rôle de la presse est d’uniquement de taper sur le gouvernement ?

Bien sûr que le rôle de la presse c’est de taper sur le gouvernement, cela fait partie du jeu démocratique. Le fait d’avoir des médias d’opposition très actifs, c’est le signe d’une démocratie vivante. Ne dit-on pas que la presse est le « quatrième pouvoir » ?

D’ailleurs, le rôle de la presse n’est pas seulement d’informer, c’est aussi de permettre au public de se former son opinion. C’est d’ailleurs pour cela que dans les écoles de journalisme, l’on insiste sur la déontologie et la méthode journalistique.

C’est tout à fait acceptable que chaque titre de presse ait sa ligne éditoriale, que celle-ci soit en faveur du gouvernement ou de l’opposition. Tant que cette ligne éditoriale est ouvertement déclarée afin que les lecteurs sachent à quoi s’en tenir, et que les règles de base de la méthode journalistique et de l’éthique sont respectées. C’est la différence entre le journalisme et la propagande.

Ainsi, c’est le lectorat qui est gagnant lorsque le pays dispose d’une grande variété de presse d’opinion. Plus l’offre médiatique est diversifiée, plus le lectorat est gagnant. La diversité des lignes éditoriales est un signe de démocratie. En effet, c’est ainsi qu’il peut non seulement choisir ses lectures en fonction de ses propres préférences politiques, mais de plus il peut voir une même actualité sous divers angles de vue et ainsi se former sa propre opinion.

Par contre, là où le problème se pose, c’est quand la presse se met à bafouer les règles journalistiques élémentaires en termes de méthode ou en termes d’éthique, pour arriver à ses fins.  On assiste en ce moment à Maurice à de graves dérives de certains médias qui n’hésitent pas à bafouer et à manipuler les règles du journalisme afin de pousser leurs agendas. Ils jouent sur le fait que l’opinion publique ne connaît pas ces règles et que d’ailleurs il n’existe pas d’instance de régulation des médias de type Press Council pour agir en chien de garde de la déontologie journalistique. Par exemple, quand les médias se transforment en tribunaux populaires, quand ils tournent leurs articles de façon à inciter le public à la haine, ou quand ils se mettent en scène comme acteurs de l’actualité qu’ils couvrent.

Une presse qui se respecte n’a pas besoin d’avoir recours à des moyens sales et anti-déontologiques pour faire valoir ses arguments.

Il y a un sentiment que les opposants du gouvernement dont une section de la presse fait tout pour casser le ‘feel good factor’ à Maurice, qu’en pensez-vous?

Ça a toujours été la tendance médiatique générale partout dans le monde de faire de l’actualité sur le malheur des gens et Maurice ne fait pas exception. L’information doit être vendeuse, et on sait que tout ce qui fait appel aux bas instincts du public aura plus de chances d’attirer son attention. C’est pourquoi de tous temps les « faits divers » ont toujours eu plus de succès que les success stories. Mais, c’est aussi le rôle de la presse de surveiller les agissements des politiciens, d’interpeller les institutions ou le gouvernement et de faire du whistle-blowing.

De l’autre côté, c’est un fait qu’une certaine section de la presse mauricienne est en train d’exploiter l’actualité, ou même de créer de l’actualité malsaine pour servir des agendas politiques de déstabilisation. Certains medias agissent ainsi en véritables pyromanes. En prétendant se présenter comme des whistle-blowers, certains déforment les principes de l’enquête journalistique dans le but de révéler ce qu’ils présentent comme des scandales politico-financiers. En fait, les leaks qu’ils utilisent montrent souvent une collusion avec certains politiciens qui se livrent à un « lawfare » c’est-à-dire à une guerre politique par le biais des procès en cour et d’attaques judiciaires contre leurs adversaires. Lorsque la presse sort de son rôle d’informer pour devenir un relais complice du lawfare des politiciens, elle devient un danger pour la démocratie.

Comment la manipulation et sur-médiatisation de certains drames affecte la population?

La manipulation de l’information peut avoir plusieurs effets dévastateurs sur une population et sur un pays. La manipulation de l’information peut alimenter une violence sociale et politique, surtout quand des journalistes écrivent leurs articles avec des tournures de phrases qui incitent à la haine, car ils encouragent le lynchage public des personnes qu’ils visent.

Quand des journalistes se transforment en pyromanes de l’actualité avec une information qui ne respecte pas les règles journalistiques et la déontologie, ils brouillent la frontière entre information et propagande. De ce fait, ils ne permettent plus une réflexion posée ni un débat d’opinions sain qui sont pourtant les bases nécessaires à la démocratie. Quand la presse produit une information qui joue sur la peur, la haine et divers mauvais instincts qui obscurcissent le jugement des lecteurs, elle établit une dictature de la pensée.

NDLR : Analyste politique et écrivain, Catherine Boudet est née à La Réunion et réside à l’île Maurice. Docteur en Science Politique, elle est spécialiste des dynamiques politiques à l’île Maurice. Auteur d’articles scientifiques et d’ouvrages sur la démocratie mauricienne, elle a également publié une dizaine de recueils de poésie dont deux ont été primés. C’est Le Xournal qui a choisi les titres et les intertitres.

Posted by on Dec 21 2020. Filed under En Direct, Featured, Sci-Tech. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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