L’impact de la pandémie de la Covid -19 sur l’économie mauricienne pour 2021 … La croissance économique devra connaître une hausse



Il n’est un secret pour personne que la pandémie de la Covid-19 continue à affecter le monde et que les économies de tous les pays ou presque sont largement affectés par cette pandémie. Si certains pays ne savent pas à quel saint se vouer pour redresser leur situation, cependant, on a noté que dans notre pays, le gouvernement a initié toutes les mesures nécessaires pour relancer l’économie. A cet effet, bon nombre des économistes sont confiants à l’effet que Maurice sous le leadership de Pravind Jugnauth est capable de redorer son blason, soit au cours de l’année 2 021.

Ci-dessous les opinions de l’économiste Rajiv Servansingh, l’ancien ministre des Finances, Vasant Bunwaree sous l’ère travailliste et l’industriel et l’homme d’affaires, François de Grivel :

Sanjay BIJLOLL

Rajiv Servansingh, économiste et observateur politique 

« En 2 021, l’économie ne peut que prendre une trajectoire vers la croissance si tous les acteurs travaillent pour atteindre les objectifs cohérents »

  • « Un vaccin efficace contre la Covid-19 constituerait un ‘game changer’ pour le secteur du tourisme et la reprise de l’activité économique en général à Maurice », estime-t-il

L’économiste et observateur politique, Rajiv Servansingh, affirme que l’année 2 021 sera certainement une année déterminante en ce qui concerne la reprise économique et les réformes nécessaires pour assurer un développement soutenu et durable à l’économie mauricienne. « Comme tout le monde sait, la pandémie de la Covid-19 a été marquée par une mise sous coma de l’économie mauricienne pendant plus de trois mois. Or, depuis la reprise et comme c’est le cas dans tous les pays affectés par la crise sanitaire, le gouvernement soutient à bout de bras une large partie de l’économie avec des programmes de stimulation économique, quand ce n’est pas carrément contribuer à la liquidité des entreprises afin de sauver les emplois », a-t-il ajouté. 

Par ailleurs, notre interlocuteur explique que l’économie mauricienne, en conséquence, va contracter entre 13 et 15% sur l’année calendaire. Il a ainsi fait ressortir que le ministre des Finances et du Développement économique, Renganaden Padayachy, a prévu une croissance de 9.5% pour l’année 2 021. « Ce dernier a été soutenu dans cette prévision par le Fonds Monétaire International (FMI) qui a lui-même avancé un chiffre de 10%. Malgré le fait qu’il y a beaucoup d’analystes qui ont exprimé leurs scepticismes concernant ces prévisions, je pense que c’est tout à fait réalisable », estime-t-il.

Secteurs productifs

D’autre part, Rajiv Servansingh a déclaré qu’il faut se rappeler que nous allons démarrer d’une base économique considérablement affaibli. « Encore faut-il que des mesures appropriées soient prises afin d’enlever dans un premier temps les contraintes qui pèsent actuellement sur les secteurs productifs que sont le tourisme, le secteur financier, l’agriculture et le secteur manufacturier autant que le marché local que pour les marchés à l’exportation », dit-il.

L’économiste a ainsi laissé entendre qu’aujourd’hui, il y a certainement un facteur extrêmement positif qui devrait permettre à envisager une reprise sérieuse de l’activité à partir du 3e trimestre de l’année prochaine. « Je parle bien sûr de la probabilité très réelle aujourd’hui, car un vaccin efficace contre la Covid-19 sera disponible dans le début de l’année prochaine. Il est évident que cela constituerait alors un ‘game changer’ non seulement pour le secteur du tourisme mais pour la reprise de l’activité économique en général à Maurice, On peut s’attendre à une contribution appréciable de ce secteur à l’économie mauricienne sur l’année qui vient », a-t-il souligné.

Cessation du ‘Wage Support Scheme’

Pour l’observateur économique, la question essentielle demeurant bien sur l’application des nouveaux protocoles sanitaires à l’aéroport afin de permettre ce développement. « Déjà, cela devrait permettre au gouvernement d’envisager une cessation du ‘Wage Support Scheme’ à ce secteur », précise-t-il.

Concernant le secteur financier, Rajiv Servansingh dira que le gouvernement a entrepris les démarches nécessaires afin d’assurer que Maurice soit enlevé de la liste grise de l’Union Européenne dans le courant de l’année prochaine. « Il faut noter que malgré la situation précaire, le manque de clarté pour l’avenir de ce secteur, avec cette épée de Damoclès, il ne semble pas qu’il y ait eu des conséquences dramatiques comme certains l’avaient prévu. Nous ne voulons en aucun cas diminuer la gravité de la situation et de la nécessité de soutenir nos efforts pour que des acteurs du secteur puissent être rassurés qu’il y aura une conclusion positive en ce qui concerne cette question de liste grise de l’Union Européenne », explique-t-il.

Poursuivant, l’observateur politique a affirmé que : « Nous avons un potentiel énorme dans ce secteur, vu la qualité des gens formés pendant ces 30 dernières années et les institutions mises en place. On peut imaginer que la dislocation des chaînes de valeurs économiques globales, suite à la pandémie de la Covid-19, offrent en fait des opportunités à Maurice de se positionner comme une destination attrayante pour le service financier au niveau international aussi bien qu’au niveau régional ».

Leçons primordiales à tirer avec la Covid-19

Mettant l’accent sur le secteur de l’agriculture, Rajiv Servansingh a affirmé que la dernière récolte sucrière n’a été rien de moins catastrophique pour le pays. « Or, selon les dernières estimations du Syndicat du Sucre, la production sucrière pour cette récolte est estimée à 270 000 tonnes. C’est le plus bas volume de production sucrière que notre pays a connu depuis l’indépendance. Cependant, il y a eu un aspect positif, qui concerne la résurgence de la production vivrière », maintient-il.

L’observateur politique a également indiqué qu’une des leçons primordiales que nous devons tirer de cette épidémie c’est que faute de pouvoir atteindre l’auto-suffisance alimentaire localement, il nous faut prendre toutes les mesures possibles afin de rendre notre pays moins dépendant dans l’importation des produits de base de consommation.

Ainsi selon lui, un retour donc vers l’agriculture est certainement une des voies qui pourrait contribuer à la croissance économique du pays tout en créant des emplois productifs pour des centaines de Mauriciens. « Il faut bien ressortir, cependant que nous ne parlons pas de l’agriculture traditionnelle, mais bien des productions agricoles ayant accès sur les méthodes modernes de production y compris la digitalisation du secteur. C’est ainsi que les gradués-chômeurs devraient pouvoir avoir acquis une formation de base à l’entreprenariat, pouvoir se mettre à leur compte dans un tel environnement », a-t-il ajouté.

Réinvention de l’industrie sucrière

Cependant, pour revenir à la production sucrière, dira Rajiv Servansingh, il soutient qu’il est aujourd’hui connu que Maurice pourrait produire et vendre 400 000 tonnes de sucre annuellement, ce qui comprendrait 180 000 tonnes de sucres spéciaux, donc à valeur ajoutée.  D’autre part, il laisse entendre que produire 400 000 tonnes de sucre équivaudrait aussi à une plus grande contribution volumétrique de la bagasse dans la production électrique à Maurice.

Rajiv Servansingh soutient aussi qu’il y a des éléments qui devraient être contributifs à une réinvention de l’industrie cannière y compris une remise en question du partenariat – usiniers, gros planteurs, petits planteurs et le gouvernement. « Nous attendons d’ailleurs, la publication du rapport de la Banque Mondiale à ce sujet qui devrait sortir prochainement afin d’enclencher une remise en question qui permettra à cette industrie qui demeure extrêmement importante à l’économie mauricienne eut égard à une perspective d’économie verte et durable. »

Globalement, l’observateur politique a affirmé qu’il demeure très optimiste pour l’année qui vienne. « A mon avis, en 2 021, l’économie ne peut que prendre une trajectoire vers la croissance économique à la seule condition que tous les acteurs travaillent pour pouvoir atteindre les objectifs cohérents », a-t-il conclu.

Dr Vasant Bunwaree, ancien ministre des Finances 

« Mon expérience me permet de dire que je suis optimiste pour l’avenir de mon pays »

  • « Les nouvelles mesures y compris celle qui concerne l’industrie touristique, permettront de relancer l’économie du pays » affirme-t-il

L’ancien ministre des Finances, Dr Vasant Bunwaree, qui également occupé le portefeuille du ministre de l’Education et du Travail sous l’ancien régime, ne passe pas par quatre chemins pour soutenir que l’économie mondiale et aussi nationale a subi et continue à subir le choc de ce petit ennemi infectieux, contagieux, invisible partout. Oh combien destructeur et dérangeant.

Le cardiologue a aussi expliqué que le monde a été pris par surprise. « Maurice n’a pas été épargné et notre économie était presque à genoux. Mon expérience comme ministre des Finances, mon caractère et ma façon de faire me permettent de rester optimiste, malgré pour l’avenir de notre pays. En effet, tout n’est pas perdu. Il y existe beaucoup d’opportunités, surtout nouvelles qui existent. Encore faut-il les chercher, trouver, étudier sans perdre du temps et les prendre au bond », dit-il.

Initiation des efforts pour sauver les entreprises mauriciennes

Le Dr Vasant Bunwaree a, cependant affirmé que les entreprises qui y sont reliés directement ou indirectement sont les plus difficiles. Il a ainsi déclaré que des efforts doivent être initiés pour sauver les entreprises qui sont en difficultés financières.

Toutefois, l’ancien ministre des Finances a favorablement accueilli la démarche du gouvernement d’aider financièrement les industriels et les responsables des hôtels et des mesures, plus particulièrement en ce qui concerne l’octroi de visa (un an) afin d’attirer des touristes dans notre pays.

Par ailleurs, le Dr Vasant Bunwaree a également situé l’importance des mesures pour aider d’autres secteurs économiques du pays, plus particulièrement en ce qui concerne celle des Petites et Moyennes Entreprises (PME), ce qui dit-il permettra non seulement de relancer l’économie de notre pays, mais aidera aussi à la création d’emploi pour les jeunes.

François de Grivel (CBE), industriel et hommes d’affaires :

« En 2 021, Maurice, pourra connaître une relance et une croissance de 5 % à 6% »

L’industriel et hommes d’affaires François de Grivel (CBE), affirme que l’année 2 021 s’annonce délicate dans le monde entier, particulièrement dans les pays développés, car la crise créée par la pandémie de la Covid-19 a sérieusement affecté toutes les économies en 2 020.

« Nous connaissons des recessions variant de – 9% à- 15%, au cours de cette année. L’économie mauricienne n’est pas épargnée, car le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, annonce une décroissance de l’ordre de 11%. Ainsi, l’île Maurice, selon toute vraisemblance, connaîtra, en 2 021, une relance et une croissance de 5 % à 6% par rapport à cette situation, presque catastrophique, de cette année qui se termine », dira-t-il.

Pouvoir d’achat des Mauriciens

François de Grivel a également expliqué que les secteurs qui se relèveront, un peu plus rapidement, sont surtout les industries manufacturières locales et orientées vers l’exportation ainsi le secteur financier et en partie l’industrie de la construction.

Par ailleurs, l’industriel estime que l’activité commerciale augmentera lentement son activité, car le pouvoir d’achat des Mauriciens a diminué. « Avec plus de possibilités financières, les consommateurs auraient pu mieux relancer ce secteur », a-t-il souhaité.

Et d’ajouter ceci : « Surtout les activités, liées directement et indirectement au tourisme, seront encore au ralenti, car les frontières ne s’ouvriront lentement dès le 15 janvier prochain. Ce qui n’est pas encore acquis ». 

Dialogue fort à très haut niveau

François de Grivel a, d’autre part, indiqué qu’au cours de cette année 2 021, ce secteur se développera par étapes modestes et a soutenu que l’île Maurice devra attendre 2 à  3 ans pour retrouver le niveau de 1.2 millions touristes par an. « Ainsi les perspectives dans ce domaine ne me paraissent pas très encourageantes. Afin de voir l’île Maurice se relancer, il est essentiel et urgent d’établir un dialogue fort à très haut niveau, entre le secteur privé et le gouvernement dans lequel le Premier ministre s’implique personnellement », a-t-il souligné.

L’industriel et l’homme d’affaires a fait ressortir que toutes les instances du secteur privé sont prêtes pour ce dialogue constructif dans l’intérêt du pays, avec une participation positive des représentants syndicaux responsables. « Dans une note optimiste, les perspectives économiques de 2 021 devraient permettre de réduire le chômage, dans un climat socioéconomique sain », a-t-il conclu.

Posted by on Jan 4 2021. Filed under Actualités, Economie, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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