Violences au Capitole : Le sang a coulé…4 morts dont la femme blessée par balle



Une femme a été grièvement blessée par balle après l’irruption de manifestants pro-Trump, ce mercredi, au Capitole.

Des partisans de Trump ont fait irruption dans le Capitole, à Washington, ce mercredi 6 janvier 2021. Le sang a coulé au Capitole. Une femme blessée par balle à l’intérieur du bâtiment pris d’assaut par des milliers de partisans de Donald Trump, mercredi, est décédée, a annoncé la police de Washington.

Le chef de la police de Washington, Robert Contee, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’une enquête avait été ouverte, sans livrer aucune information sur les circonstances du drame. La victime est une femme qui a reçu une balle dans l’épaule, selon un agent cité par le Washington Post. Elle avait été évacuée sur un brancard.

Des élus dénoncent un « coup d’Etat »

Plusieurs élus du Congrès des Etats-Unis ont dénoncé ce mercredi une tentative de « coup d’Etat » menée par des partisans de Donald Trump, qui sont parvenus à faire irruption dans le Capitole, ces mêmes élus avertissant que cette action était vouée à l’échec.

« Nous assistons à une tentative de coup d’Etat encouragée par le criminel de la Maison Blanche. C’est voué à l’échec », a tweeté le représentant démocrate William Pascrell, faisant ainsi référence à Donald Trump. « Il ne s’agit pas d’une manifestation. C’est une tentative de coup d’Etat », a de son côté estimé l’élue Diana DeGette, en dénonçant « l’anarchie fomentée par notre propre président ».

RÉACTIONS

Indignations en série à l’international après l’assaut du Capitole américain

Du Royaume-Uni au Chili en passant par la France, les hommes et femmes politiques rappellent l’importance du respect du processus démocratique, mis en danger aux Etats-Unis.

L’intrusion de militants pro-Trump dans le Capitole a provoqué une avalanche de réactions internationales. Les représentants de l’Union européenne s’insurgent. Le président du Parlement européen, David Sassoli, s’est fendu d’un tweet : «Des scènes très préoccupantes se déroulent au Capitole ce soir. Le processus démocratique doit être respecté. Nous sommes persuadés que les Etats-Unis vont protéger les règles de la démocratie», écrit-il. «Joe Biden a gagné l’élection», a tenu à rappeler Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Josep Borrell, haut représentant pour la politique étrangère de l’UE, estime qu’«aux yeux du monde, la démocratie américaine apparaît en état de siège».

En France, la classe politique a rarement été aussi unanime. A droite comme à gauche, l’attitude de Donald Trump est dénoncée. «Le trumpisme n’est pas qu’un compte Twitter : il est un profond désordre démocratique qu’il faut combattre à la racine !» s’est insurgé Yannick Jadot, eurodéputé Europe-Ecologie-les Verts. «Dans une démocratie, le choix des électeurs ne peut pas être remis en cause par la violence», s’indigne Xavier Bertrand, le président Les Républicains de la région Hauts-de-France.

Pas de réaction publique de l’extrême droite française

Au sein de la majorité, Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, a envoyé ses «pensées démocratiques et amicales aux parlementaires des Etats-Unis d’Amérique». Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, demande lui que «la volonté et le vote du peuple» soient respectés, dénonçant «une atteinte grave contre la démocratie». A l’extrême droite en revanche, pas de réaction pour l’instant, ce que n’a pas manqué de faire remarquer le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon : «Aux USA : ça s’appelle une tentative de putsch. D’extrême droite. Ni communistes, ni musulmans. Comme en France, le danger pour la démocratie n’est pas là où on le dit.»

De l’autre côté de la Manche, le Premier ministre britannique a également réagi. «Les Etats-Unis représentent la démocratie partout dans le monde et il est désormais vital que la passation de pouvoir se fasse de façon pacifique et ordonnée», a tweeté Boris Johnson. La Première ministre finlandaise, Sanna Marin, a écrit sur Twitter : «L’intrusion de manifestants dans le bâtiment du Congrès est une affaire très grave et préoccupante. Cela montre combien il est important de défendre la démocratie sans trembler.»

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a appelé les partisans de Donald Trump à “cesser de piétiner la démocratie”, ajoutant que “les paroles incendiaires se muent en actions violentes”.  Le ministre des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz a condamné les “images inquiétantes” de Washington, dénonçant “une attaque insupportable contre la démocratie”.

Le chef de l’Otan Jens Stoltenberg a dénoncé des “scènes choquantes”, et appelé au respect du résultat de la présidentielle remportée par Joe Biden.

Tandis que le Premier ministre irlandais Micheal Martin a rappelé “le lien profond” de son pays avec les Etats-Unis, disant observer les événements à Washington avec “beaucoup d’inquiétude et de consternation”. “Scènes choquantes et profondément tristes à Washington DC, que l’on doit nommer pour ce qu’elles sont: une agression délibérée de la démocratie par un président sortant et ses supporters”, a condamné le ministre des Affaires étrangères irlandais Simon Coveney.

Au Pays-Bas, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a qualifié d'”horribles” les images de Washington, et appelé Donald Trump à “reconnaître Joe Biden comme le futur président aujourd’hui”.

“Ce que l’on voit en ce moment à Washington est une attaque totalement inacceptable contre la démocratie aux Etats-Unis. Le président Trump a la responsabilité d’arrêter cela. Images effrayantes, incroyable que ce soit les Etats-Unis”, a réagi la Première ministre norvégienne Erna Solberg.

En Australie, le premier ministre Scott Morrison a dit attendre avec intérêt un transfert pacifique du gouvernement à l’administration nouvellement élue dans la grande tradition démocratique américaine.

Ottawa surveille la situation de près

Ces scènes surréalistes d’intrusion de masse dans le Capitole, habituellement protégé par d’importantes mesures de sécurité, ne sont pas passées inaperçues au Canada non plus, où le premier ministre Justin Trudeau a exprimé ses préoccupations.

En entrevue sur les ondes d’une station de radio de Vancouver, il a déclaré : « Nous sommes évidemment préoccupés et nous suivons la situation minute par minute. Un important processus électoral est en cours aux États-Unis, et je pense que nous voulons et avons tous besoin qu’il se déroule correctement et pacifiquement. Nous espérons que les choses vont se calmer. Je pense que les institutions démocratiques américaines sont fortes, et j’espère que tout reviendra bientôt à la normale. »

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a de son côté envoyé ses pensées au peuple américain. « Le Canada est profondément troublé par la situation à Washington. La transition pacifique du pouvoir est fondamentale pour la démocratie; elle doit se poursuivre et elle aura lieu, » a-t-il réagi.

En Ontario, plusieurs élus se sont dits indignés et attristés des événements survenus à Washington.

Les yeux rivés sur Twitter

En Amérique du Sud aussi, les dirigeants ont condamné l’attitude du président américain. Guilherme Boulos, figure montante de la gauche brésilienne, n’a pas manqué de faire un parallèle avec l’extrême droite de son pays : «La tentative de coup d’Etat de Trump aux Etats-Unis est l’ultime signal, pour les personnes qui n’avaient pas encore compris, qu’il est nécessaire d’arrêter le fascisme.» Le président du Chili, Sebastian Pinera, étiqueté à droite, «condamne la violence et l’ingérence contre les institutions constitutionnelles».

En parallèle, Twitter, sur lequel la classe politique du monde entier est désormais rivée, a décidé de limiter la portée des tweets encourageants la violence. Depuis le début de soirée, il n’est par exemple plus possible de partager certains tweets de Donald Trump.

C’est sans précédent. Twitter vient d’annoncer qu’il avait bloqué le compte de Donald Trump pour 12 heures, l’empêchant de tweeter pour des « violations graves et répétées » de sa charte, alors que le Capitole de Washington a été pris d’assaut par des milliers de partisans du président américain. Twitter a demandé que 3 tweets soit retirés, notamment la vidéo qui commençait par « On nous a volé l’élection ». Donald Trump appelait ensuite les manifestants à rentrer chez eux, mais sans condamner la violence.

Selon Twitter, le blocage va durer 12 heures « à partir du retrait » des tweets mais pourrait continuer plus longtemps s’ils n’étaient pas retirés. Il semble toutefois que dans la foulée, la campagne de Trump a bien effacé trois messages qui ne sont « plus disponibles ». Twitter avertit qu’en cas de nouvelle violation, le compte de Donald Trump pourrait être suspendu de manière « permanente ».

Facebook et YouTube sévissent aussi

Facebook et YouTube ont également retiré la vidéo. « Nous l’avons effacé car nous estimons qu’elle contribuait au risque de violence », a expliqué Facebook.

Posted by on Jan 7 2021. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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