Paris enfonce Marseille dans la crise



Pourtant pas inintéressants dans le jeu, les Marseillais terminent leur abominable semaine par une défaite face au PSG à l’occasion du centième « Classique » ce dimanche soir, au Vélodrome (0-2). Les Parisiens, plus mordants et réalistes, recollent à un point de Lyon, deuxièmes. Pour les Marseillais, en revanche… vivement la semaine prochaine.

Olympique de Marseille 0-2 Paris Saint-Germain 

Buts : Mbappé (9e) et Icardi (24e)

Neuf minutes. C’est le temps qu’auront duré les espoirs marseillais. Neuf minutes durant lesquelles Marseille a un peu oublié cette semaine folle, ces incidents au Vélodrome qui ont valu du placard à certains supporters, le départ de Villas-Boas, la contre-performance à Lens, la folle rumeur de la vente balayée d’un revers de main et tout le reste. Neuf minutes hors du temps, de celles, en début de ces Classiques contre le PSG, durant lesquelles tout est possible, tout est faisable, même le plus fou. Neuf minutes avant que Mbappé, sur la deuxième frappe parisienne du match, ne fasse trembler les filets de Mandanda et ne ramène brutalement Marseille à l’inévitable réalité : celle que cette semaine de merde n’allait pas se terminer sur une parenthèse enchantée et que ce dimanche soir allait sans doute être un peu long.

La première période a été un drôle de paradoxe qui a pourtant vu Marseille tenir le ballon (près de 60% de possession lors du premier acte), mais pour ne pas en faire grand-chose, finalement. Les Parisiens, qui profitaient du retour de Verratti et Marquinhos malgré l’absence de Neymar, appliquaient eux un pressing suffisamment intense pour déstabiliser ce 4-1-4-1 marseillais, très compact. La première banderille arrive après un corner, mal joué par les Olympiens : le milieu italien justement, intenable pour son retour, récupère le ballon dans les airs devant Rongier et crée une situation de contre-attaque parfaite pour Paris ; il n’a qu’à servir Di María, lequel met Mbappé sur orbite pour l’ouverture du score (0-1, 9e). Alors que Di María quitte ses partenaires sur blessure juste après le but, les Marseillais eux profitent de leur temps avec le ballon et de quelques erreurs parisiennes pour faire feu sur le but de Rico : Kamara (17e), Rongier (22e) puis Gueye (23e), tous sans réussite. Sur l’action suivant la belle frappe de Gueye, c’est au contraire Paris qui met le coup de grâce : à la réception d’un centre de Florenzi, Icardi, au duel avec Álvaro, dévie de la nuque un ballon qui lobe Steve Mandanda (0-2, 24e). Cher payé pour les Marseillais, pas malheureux toutefois de ne pas rentrer au vestiaire avec un taro plus épicé, ce qui aurait été le cas si la frappe puissante de Paredes n’avait pas touché le poteau (35e).

La peine capitale

Le retour des vestiaires s’est joué sensiblement sur les mêmes notes, avec un Paris beaucoup moins intense au deuxième acte comme à son habitude. Une première sommation vient quand même d’une occasion parisienne d’Icardi, trop court sur un centre de Mbappé (46e), puis surtout une frappe de Kamara qui aurait fait se lever le Vélodrome, et sur laquelle Rico a failli se rendre coupable d’une faute de main criminelle (50e). L’Espagnol, déjà titulaire au match aller en l’absence de Navas, aura été le vilain petit canard de cette équipe parisienne, maladroit dans ses interventions à la main comme au pied, et sans doute bien heureux d’être entouré d’un Marquinhos, d’un Kimpembe et d’un Kurzawa aussi solides. 65e : annoncé comme malade il y a 48 heures, Neymar fait son entrée sur la pelouse. 67e : premier duel avec Álvaro, qui voit les deux copains s’effondrer dans la surface après un choc. Au ralenti, on voit qu’Álvaro se tord méchamment le genou. Pas de penalty donc, pas plus qu’à la 59e, malgré un plaquage très « Six Nations » de Sakai sur Icardi dans la surface. Sans génie et sans moyens face à des Parisiens en gestion molle jusqu’au coup de sifflet final, Marseille, réduit à dix en toute fin de match, s’incline donc et s’enfonce dans le ventre mou de la Ligue 1. Le match aller, où ils avaient réussi à tordre le cou au destin et aux stats pour aller s’imposer au Parc un peu contre le cours du jeu, semble à des années-lumière. Dans la fraîche nuit marseillaise, les hommes en ciel et blanc ont la tête des mauvais jours. Car si le soleil ne se lèvera sur la cité phocéenne que dans quelques heures, le véritable lendemain, celui qui marquera la fin de la crise, est encore loin.

 OM (4-3-3) : Mandanda – Sakai, Ćaleta-Car, Álvaro (Perrin, 78e), Nagatomo – Rongier (Cuisance, 88e), Kamara, Gueye – Payet, Germain (Benedetto, 56e), Thauvin (Henrique, 78e). Entraîneur : Nasser Larguet.

 PSG (4-3-3-) : Rico – Florenzi (Kehrer, 87e), Marquinhos, Kimpembe, Kurzawa – Paredes (Danilo, 65e), Verratti, Gueye – Di María (Sarabia, 12e, puis Kean, 87e), Icardi (Neymar, 65e), Mbappé. Entraîneur : Mauricio Pochettino.

Posted by on Feb 8 2021. Filed under Featured, Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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