Rapport du World Bank Group: « Maurice revient plus fort après la crise de la pandémie de Covid-19 »



Le rapport du “World Bank Group” (avril 2021) a pour titre ceci : “Mauritius  – Through the eye of a perfect storm – Coming back stronger from the Covid Crisis”.

Une année historique, pour le meilleur ou pour le pire

Ledit rapport explique que le 1er juillet 2020, Maurice a officiellement rejoint les rangs des pays à revenu élevé. Cela marque un jalon dans la trajectoire de développement de cette petite nation insulaire. Reconnu dans le passé comme un producteur de monoculture, Maurice a connu la réussite en tant que  « Africa’s best development sucess story ». 

Collaboration public-privé

Au moment de l’indépendance en 1968, le PIB par habitant, s’élevait à 260 dollars EU et l’agriculture, principalement la production de canne à sucre, représentait plus de 22 pour cent du PIB.

Au cours des années suivantes, une bonne collaboration publique-privée a ouvert la voie à des diversifications et à la création d’emplois, et en 2003, la transformation économique avait réduit la part du PIB en dessous de 10 pour cent.  Démarrant comme un producteur de monoculture, Maurice s’est vite orienté vers une économie exportant des textiles et en ce misant sur l’arrivée des tourists, des services financiers et d’information et des ‘buiness services’.

Une partie du succès du développement de Maurice est que la croissance a été largement partagée. Le secteur des ‘Export-led industries’ s’est transformé en un créateur d’emplois substantiels tandis que les gains de productivité ont soutenu l’amélioration des salaires et du bien-être.

L’amélioration de la qualité de la vie

L’augmentation des revenus a non seulement amélioré la qualité de vie, mais a aussi contribué au développement du capital humain grâce à de forts d’investissements publics eu égard à l’éducation et de la santé gratuites.

Des ‘responsives institutions’ ont veillé à ce que les services publics soient étendus pour tous et que les programmes de protection sociale soutiennent les plus vulnérables. Cette croissance économique partagée a poussé la plupart de la population hors de la pauvreté et créé une grande classe moyenne (Banque mondiale 2015).

C’est une ironie historique (cruelle) que Maurice ait atteint le cap des hauts revenus au cours de l’une des pires années de son histoire. Maurice, qui a su faire face à la pandémie de la Covid-19, en misant sur des mesures de confinement et des quarantaines très strictes a été connu comme ‘Covid free », soit d’avril 2 020 à mars 2 021, quand une deuxième vague de l’épidémie a éclaté. Avec un total de 1 246 cas et 17 décès, Maurice a, jusqu’à présent, été en mesure d’éviter une ‘large-scale health crisis’, qui est observée dans de nombreux autres pays.

Graves perturbations économiques

Cependant, Covid-19 a provoqué de graves perturbations économiques à Maurice. Les interruptions des chaînes d’approvisionnement en provenance d’Asie de l’Est ont été rapidement remplacées par l’effondrement de l’industrie du tourisme et la chute de la demande de vêtements et d’autres exportations comme l’Europe et les États-Unis, qui ont fait face à la première vague de la Covid-19.

Le verrouillage a contraint la plupart des entreprises à fermer en mars. En avril, Maurice a procédé à une réouverture progressive à partir de mai 2020. La frontière est restée fermée jusqu’en octobre, et des exigences de quarantaine restrictives sont maintenus, ce qui continue de réduire le nombre d’arrivés des  touristes à presque zéro.

De nombreux hôtels restent fermés tandis que les industries comme les restaurants, les voyagistes, les taxis et les magasins destinés aux touristes sont confrontés à une faible demande. Le PIB a chuté de 14,9% en 2020, par rapport à une croissance attendue de 3 à 4%, ce qui fait que Maurice a été pénalisé largement en raison de la Covid-19 et ce sur le plan africain.

Soutien aux ménages et entreprises

Les exportations (-36,3 pour cent), la consommation des ménages (-16,8 pour cent) et investissement (-26,7 pour cent) –  tous ont fortement chuté en 2 020, malgré un soutien gouvernemental important aux ménages et aux entreprises.

Une marée noire en août et l’inscription de Maurice sur la liste de l’UE des pays tiers à haut risque en terme de blanchiment d’argent en octobre 2020 a permis à notre pays de subir une pression supplémentaire. Environ 1 000 tonnes de fioul lourd ont contaminé le littoral et les plages dans le sud-est de l’île Maurice après la fuite du cargo MS Wakashio, qui s’est échoué et a finalement fissuré sur le récif. Alors que la marée noire était géographiquement contenue et a seulement touché qu’une partie relativement petite de la côte, la population locale a été gravement affecté.

A cet effet, une classification a été effectuée par la Banque mondiale en juillet 2 020 sur la base des données de 2019 pour le PIB par habitant, le revenu net de l’étranger et l’évolution des prix et des taux de change.

Diligence accrue

L’évaluation 2019 par le « Financial Action Task Force » et la décision de l’UE d’ajouter le pays à sa liste des pays était attendue. Son entrée en vigueur, soit le 1er octobre requiert aux banques et autres institutions à appliquer une diligence raisonnable accrue à la clientèle pour les transactions concernant Maurice.

Tandis que les coûts supplémentaires et les risques de réputation qui en résultent n’ont pas eu d’effet visible sur le secteur financier, ils porteront probablement atteinte à l’attractivité de Maurice en tant que centre financier et d’affaires. Ce qui ralentira ainsi le ‘new business’  jusqu’à ce qu’un ‘review’ soit terminé pour confirmer des progrès qui sont atteints dans la lutte de blanchiment d’argent.

Les chocs de 2 020 sont survenus à un moment où de graves fissures structurelles commençaient à apparaître dans la fondation du modèle de croissance à long terme de Maurice. Même avant Covid-19 et d’autres événements de 2020, Maurice était sur une  fragile trajectoire de développement.

Quatre défis interdépendants sont apparus durant la dernière décennie :

  1. Une trajectoire de croissance de plus en plus tirée par la consommation, avec une part de l’investissement en baisse et la stagnation de la productivité du capital ;
  2. Une perte soutenue de la compétitivité globale dans le domaine des exportations, reflétée par une ‘combinaison of declining  market share’ concernant les exportations traditionnelles de biens et de services, et l’incapacité de  se développer rapidement ou de développer de nouvelles activités en fonction de l’avantage comparatif évolutif du pays ;
  3. Une population vieillissante et des frictions croissantes sur le marché du travail, entraînant un fort taux de chômage et manque d’inactivité, les pénuries croissantes de compétences et l’inégalité des revenus du travail, et l’exclusion en particulier des femmes et des jeunes peu instruits et
  4. Des déficits budgétaires continus combinés à des effets de croissance limités des dépenses publiques, en hausse des niveaux de dette publique par rapport au PIB.
Posted by on May 31 2021. Filed under Actualités, Economie, En Direct, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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