Britam Gate…Le GM sollicite l’aide des Nations Unies et de la Banque Mondiale
C’est une première dans l’histoire de notre pays. En effet, le gouvernement Mauricien compte solliciter les Nations Unis et la Banque Mondiale sous la Stolen Asset Recovery (Star) Initiative afin de retracer le manque à gagner de Rs 1,9 milliards dans le deal Britam en 2016. C’est ce qui ressort de la conférence de presse, tenue par les trois membres du gouvernement nommément Maneesh Gobin, Mahen Seeruttun et Bobby Hurreeram au bâtiment du Trésor, dans la matinée du samedi 31 juillet. Les trois ministres ont, tour à tour, commenté le rapport de la commission d’enquête de l’affaire, dite Britam Gate.
Le ministre de l’Agro-Industrie, Maneesh Gobin, a, lors d’une conférence de presse, tenue ce samedi 31 juillet 2021, refait l’historique de la vente des actions de l’ex BAI au sein de Britam Kenya et la mise sur pied de la Commission d’enquête présidée par l’ancien juge Bhushan Domah. « Lorsque le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a été mis au parfum qu’il y avait des maldonnes entourant les transactions de vente des actions de l’ex BAI à une société basée au Kenya, dans un souci de transparence et de bonne gouvernance, il n’a pas hésité å mettre sur pied une commission d’enquête en 2017, pour faire la lumière sur toute cette affaire », précise le ministre de tutelle.
« C’est toujours dans un souci de transparence que le Premier ministre a pris la décision, cette semaine, de rendre les conclusions de la commission d’enquête sur le deal Britam publiques », a fait ressortir Maneesh Gobin.
Poursuivant sur sa lancée, le ministre de l’Agro-Industrie a laissé entendre que le rapport de la commission d’enquête sur la vente des actions de Britam Kenya démontre clairement qu’il y a eu blanchiment d’argent et que les coupables, en faisant référence à l’ancien ministre de la Bonne gouvernance entre autres, devront répondre de leurs actes. « Lepep bizin comprend ki fine ena malversation dans la vente des actions de l’ex BAI. Rs 1,9 milliards fine disparett. Bane responsable pou bizin repone de zot acte », s’insurge l’Attorney General.
Recherche l’aide Interpol
De ce fait, l’Attorney General annonce que le gouvernement compte alerter les régulateurs internationaux, au niveau des Nations-Unies et de la Banque Mondiale pour retracer les actifs perdus dans la vente de l’ex-BAI au Kenya en 2016. « J’ai déjà pris contact avec le bureau des Nations Unis à travers de leurs représentants à Maurice afin que notre pays puisse bénéficier de l’assistance technique de la Stolen Asset Recovery Initiative pour retrouver les Rs 1,9 milliards manquants dans la vente des actions de Britam Kenya », dixit-il. Ce dernier informe que la STAR Intiative est une action conjointe de la Banque Mondiale et l’Office des Nations Unies pour aider les pays à récupérer des avoirs qui leur auraient été volés.
Sur le plan local, la police de même que l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), prendront les actions qui s’imposent, dira l’Attorney General. « La police est chargée d’enquêter sur le volet criminel. L’ICAC prendra le relais sur les soupçons de blanchiment d’argent, forgery, conspiracy et autres », dixit-il. « Basé sur ce que j’ai lu, il y a matière pour ‘money laundering’ », poursuit-il. Ce dernier indique que le gouvernement fera de son mieux pour récupérer cet argent qui servira à payer les clients du Super Cash Back Gold et du Bramer Asset Management.
« Toute pratique de bonne gouvernance bafouée »
Également présent à cette conférence de presse, le ministre des Services Financiers Mahen Seeruttun. Il est revenu sur la conclusion du deal de Britam à l’époque. Il déplore que le cabinet n’a pas été informé sur les négociations pour une décision éclairée, ce qui est contraire au principe de bonne gouvernance, dit-il. « Ni le cabinet ministériel ni les fonctionnaires du ministère de la Bonne Gouvernance, à cette époque, ont été informés de cette transaction. Les coupables doivent payer pour leurs actes ».
Interrogation autour du silence de Bérenger
Pour sa part, le ministre Bobby Hurreeram a déploré l’absence de Paul Berenger et de Xavier Luc Duval sur les attaques de Roshi Badhain sur le juge Bushan Domah et sur les journalistes. « Nous n’avons jamais eu de rapport aussi damning contre un ancien ministre dans toute l’histoire du pays. Je déplore le silence de Paul Bérenger dans toute cette affaire d’autant plus qu’il était parmi ceux qui réclamaient à tue-tête une commission d’enquête sur l’affaire Britam », dixit-il.
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Le rapport Britam décortiqué dans l’émission L’Instant Politique
Le rapport Britam de 352 pages, rédigé par le juge Domah a été un Bomb Shell. #Britamgate… c’était le thème de l’émission « L’Instant Politique… » de Wazaa FM, ce vendredi 30 juillet. Jimmy Jean-Louis et ses invités ont décortiqué le rapport. Pleins feux sur les révélations de l’enquête du juge Domah.
Lors de son intervention, l’avocat Dick Ng Sui Wah avance que c’est un rapport bien détaillé tout en mettant l’accent sur le background du juge Domah comme l’un des rares juges qui détient un doctorat. « Kan li ecrire bann jugements, c’est bann jugement très recherché et détaillé. Pou ki tout dimoun kompran. Se enn travay très scientifique», ajoute-t-il.
De son coté, Me Ravi Rutnah : « C’est ki bann seki ti das parlement ti pe criyé bizin ena enn commission d’enquête, zordi zot pe declare pas pe comprend. » D’autant plus, que chaque point écrit par le juge Domah est soutenu par les recherches et des autorités. « Bann dimoune ki trouve ki rapport la contre zot, zot capav alle challenge légalité du rapport, » ajoute-t-il.
Quant au ministre Bobby Hurreeram, il n’est pas passé par quatre chemins pour égratigner Roshi Bhadain. Il s’est attardé à la page 119 — paragraphe 190, où le rapport fait mention que l’ex-ministre, Roshi Bhadain et son advisor Akhilesh Deerpalsing ont eu le culot de : « contredire, koze nimporte et tout cela en même temps… »
Bobby Hurreeram va encore plus loin et explique que désormais, le peuple comprendra pourquoi Roshi Bhadain a démissionné du gouvernement en 2017. « Pravind Jugnauth pe pran règne ça pays-la, dhall pas pou cuit. Aujourd’hui, pou bizin vine rann compte. Le pays konner pe gagne zaffaire ek enn premier ministre ki droit. Zordi nou poze nou kestion kifer ki bizin sover en 4eme vitesse. Explication plausible, li trouve dans rapport 365 pages écrire par le juge Domah, » dit-il.
Le CEO du NPFL, Vikash Peerun, se dit étonné qu’il y a eu une offre de MMI Holding qui n’a pas été retenue. « Offre là ti Rs 4,2 milliards et finn amélioré à Rs 4,3 milliards. Ena enn mail, 11 mars 2015, ki Mme Gladys Camry, Group Strategy Director de Britam Kenya finn envoie Afsar Ibrahim de BDO. Kot li dire l’offre de Rs 4,3 milliard was based of Kenyan Sheeling of 18.50. La deja, li créer enn doute. Ena enn offre similaire à Rs 4,3 milliards, mais fine vane Rs 2,4 milliards. Rs 1,9 milliards finn disparet, » dit-il.
Vikash Peerun estime que c’est grave si l’ancien ministre Bhadain a une quelconque implication. D’autant plus, c’est intriguant que l’un de ses Senior Advisors est également membre du board de la Financial Services Commission. « Dan li meme, li enn question ki tout dimoune pou posé», s’interroge-t-il.












