Fam revey twa in ler…Un nouveau collectif féminin voit le jour



Cindy Larose et Jennifer Offmann ont décidé de remettre les femmes dans l’ère du temps.

Fortes de leurs passés et des douloureuses expériences, les deux entrepreneuses veulent partager leurs savoir-faire et leurs vécus avec leurs semblables.

« On est en 2021, il n’est plus possible que certaines femmes Mauriciennes, bourrées de talents, continuent de voir défiler leurs vies dans l’impuissance de réaliser leurs rêves. Cela uniquement parce qu’elles sont au solde de leur époux et foyers ou parce que la société les a convaincu que l’entreprenariat et l’épanouissement professionnel sont destinés aux hommes. Il faut que cette mentalité s’estompe et c’est maintenant ou jamais » affirment Cindy Larose et Jennifer Offmann. Dans cette optique, les deux entrepreneuses ont décidé de créer le collectif ‘Fam Revey Twa In Ler’, une plateforme pour aider les femmes à mieux extérioriser leurs potentiels de façon productive.

Regrouper les femmes, les sensibiliser, les rendre active, les aider à se reconstruire et être un soutien, ce sont autant d’initiatives que compte réaliser cette plateforme nouvellement créée. Comptant déjà une vingtaine de membres,  Cindy et Jennifer veulent que le Collectif puisse s’épanouir encore plus et apporter leurs aides, conseils, expériences mais aussi des logistiques aux femmes qui se sont laissés étouffer dans une vie platonique alors qu’elles ont la possibilité d’accomplir de grandes choses. Avec la plateforme ‘Fam Revey Twa’, les deux entrepreneuses comptent ainsi offrir la possibilité à toutes les femmes intéressées de se mettre à l’ère du temps, voire même d’accomplir leurs destinées.

Fam Revey Twa In Ler’ veut se dédier aux femmes au foyer, analphabètes,  jeunes mères et autres femmes de différents bords. Ce collectif veut les aider à développer leurs business et accroitre leurs potentiels. La priorité sera donnée aux  dames ayant des difficultés à avancer seule et n’ayant pas les moyens ou parce que leurs vies de famille sont trop lourdes pour mettre en place une affaire. Le collectif agira ainsi un facilitateur, voir même comme une petite compagnie pour assurer le ‘merchandising’ des produits. Des ateliers, des groupes de réflexions, des séances de motivation seront aussi organisés afin de canaliser les femmes intéressées.

Eveiller une routine de vie demi éteinte

Pour Jennifer Offmann, beaucoup de femmes se sont retrouvées coincer dans une vie qu’elles n’ont pas choisi, surtout celles qui ont la responsabilité d’un foyer, des enfants ou d’un époux. Elle explique que le train de vie plus éreintant d’une épouse ou d’une mère agit souvent de manière néfaste sur le mental et l’ambition des femmes jusqu’à ce que ces dernières se laissent emporter par une routine de vie à demi éteinte. Or, Jennifer Offmann, qui a fait de l’évènementielle et de l’animation son métier, estime qu’avec de la conscientisation, de l’éducation, du soutien et de l’aide, toute personne perdue peut se retrouver et reprendre sa vie en main, même si le coté de femme au foye est maintenue.

L’habitante de Beau-Bassin soutient qu’il n’est nullement question de faire une révolte féminine mais uniquement de trouver des solutions afin que la gente féminine puisse aussi s’épanouir dans un domaine choisi, tout en étant efficace au sein de leurs familles. La quadragénaire explique que le collectif mettra surtout l’accent sur la gestion de temps. Il inculquera aussi les valeurs humaines et professionnelles, le comportement à adopter dans cette nouvelle ère, la mise en relation professionnel, l’accompagnement d’un business, et le marketing entre autres.

Jennifer Offmann ajoute qu’au-delà d’être féministe ou autres, il est important que la femme se relève et prenne part de manière plus active dans l’entreprenariat ou autres domaines dans le monde des affaires. Selon elle, beaucoup de talents et de potentielle féminine sont inexploités et sous-estimés. Notre interlocutrice, fait ressortir que beaucoup de femmes ne parviennent à être complètement heureuses car elles ne peuvent aspirer à vivre de la manière dont elles le souhaitent. Cette mère de trois filles explique que cela à des répercussions sur la société. Pour elle, lorsque les femmes souffrent, c’est toute une société qui est malade.

Expérience personnelle

Jennifer Offmann explique qu’elle s’est passionnée pour ce projet après des maintes difficultés personnelles. La quadragénaire, qui était auparavant directrice d’une société spécialisée dans l’organisation d’évènement touristique, a vu sa vie basculée après le décès de son époux, un ancien animateur de Radio Plus, en 2014. Très affectée par cette perte soudaine, de sa moitié avec qui elle avait partagé sa vie depuis 14 ans, elle a pris beaucoup de temps pour se relever. Par la suite, Jennifer Offmann a voulu se reconstruire en créant sa propre boite. Elle s’est rendue compte que le monde des affaires est très dur d’accès surtout lorsqu’on est une femme et mère de famille et de plus, on n’a personne pour nous soutenir et nous motiver.

Maintenant, qu’elle est de nouveau sur ses pieds, l’épouse du défunt Hans Offmann, s’est promis d’être toujours à l’écoute de toutes les personnes qui ont besoin d’un soutien moral. « Il y a beaucoup de personnes qui souffrent intérieurement et n’arrivent pas à exprimer leur mal-être. Elles sont enfermées dans un cocon et dans la détresse, la fatigue et d’autres problèmes qui les entrainent vers le fond. Si moi, j’ai eu de la chance d’avoir du soutien et des moyens sur le plan financier, je suis sûre que ce n’est pas le cas de toutes les veuves. Je pense souvent à celles qui s’engouffrent dans un mal-être et qui n’arrivent pas à se relever ».

Transmission d’ondes positives et partage

Ainsi pour Jennifer Offmann, la transmission des ondes positives à ces femmes est importante, voire nécessaire. « Les gens doivent réaliser que la négativité les empêche d’être heureux et de profiter au maximum de la vie. Une des meilleures façons de contrer cela se situe dans leurs épanouissements personnels et professionnels. Tout le monde possède des talents et des rêves et les utiliser leur permet de reprendre gout à la vie. Sinon secrètement, ces ambitions et potentielles étouffés impactent sur l’esprit et cela à un effet domino sur notre mentalité et manière d’être », souligne-t-elle. Faisant de sa mission de promouvoir une positive attitude mais aussi d’être toujours à l’écoute des âmes tourmentées et d’aider quand elle peut, la mère de trois filles de 10, 12 et 15 ans, se sent vivre de plus belle, remémorant que sa tendre moitié aurait été fier d’elle.

En osmose

Le déclic pour ce projet a été sa rencontre avec celle qui deviendra son binôme. Jennifer explique qu’un jour, elle a, par hasard, entendu une femme parler sur une radio privée. L’habitante de Beau-bassin dit qu’elle a été touchée par l’énergie, la passion et la sincérité de cette dernière. Immédiatement, elle l’a cherché sur Facebook et l’a envoyé un message. La discussion entreprise, les deux femmes décident de se rencontrer et découvrent qu’elles sont sur la même longueur d’onde sur leurs objectives. Cette femme, c’était Cindy et c’est de là que l’esprit de ‘fam revey twa In ler’ a éclos.

Une vie difficile

Cindy Larose est une de celles qui ont dû se battre toutes leurs vies pour percevoir ce que la majorité des personnes obtiennent d’office. A savoir, une maison, une famille complète, de la nourriture ou des aménités telles que l’eau courante ou l’électricité. Elle a grandi sans son père dans un enclos de cabris et l’éducation était un luxe que sa famille ne pouvait se permettre. La dame de 45 ans explique qu’elle a dû commencer à travailler dès l’âge de 6 ans et elle se nourrissait la plupart du temps de goyaves comme petit déjeuner et de Bergamote comme diner. Une classe de maternelle aura la chance de la voir quelques jours mais c’est une écurie dont elle devait s’occuper avec sa mère qui la verra plus fréquemment.

La mère de cinq enfants dit avoir été contrainte de travailler toute sa vie uniquement pour sa survie. Elle affirme avoir fait tous les métiers possibles, dont maçon, tailleur de pierre, aide chauffeur et autres métiers principalement destinés aux hommes de fort calibre. Cependant, déterminée à sortir de la misère et à gouter au bonheur d’une vie moins dans l’urgence, elle a commencé à entreprendre sa propre affaire. Trouvant qu’elle a un don pour les préparations culinaires, elle fabrique des achards dont elle seule a le secret. Outre les achards communs comme ceux aux mangues, bilimbis et légumes, elle propose aussi ceux à l’Aloe Verra, aux cocos, aux raisins et pleins d’autres nouveautés.

La satisfaction d’aider

Aujourd’hui, la femme d’affaire s’en sort plutôt bien. Ses produits sont livrés dans plusieurs parties de l’ile. Ses enfants et elle vivent dans une maison à Curepipe. Elle possède une voiture et s’occupe de son petit business qui grandit graduellement. Selon elle, tout ce qu’elle a rêvé se réalise petit à petit. Sauf que Cindy, a désormais, cette ambition qui hante son esprit. Elle affirme qu’elle ne peut pas profiter de tout ce qu’elle possède, sachant que d’autres femmes vivent ce qu’elle a dû endurer.

Avec la plateforme ‘Fam Revey Twa In Ler’, elle aura l’occasion d’apporter sa contribution dans cette cause qui lui tient tellement à cœur. Selon l’habitante de Curepipe, les femmes qui se retrouvent dans les situations difficiles et qui pensent n’avoir aucun recours pour reprendre leurs vies en main, auront un collectif sur qui se reposer. La mère de cinq enfants estime que rien ne la rendra plus heureuse que d’aider d’autres personnes à se construire. Cindy affirme qu’avec Jennifer, elles se complètent et que plus rien ne pourra se mettre à travers de leurs routes

Posted by on Aug 2 2021. Filed under Actualités, Economie, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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