La China Town serait-elle bientôt inscrite au titre des sites historiques ?
- Le GM alloue un budget de Rs 20 M pour développer ce quartier
L’Association East Meets West a organisé une visite guidée et une table ronde à China Town, le samedi 7 août 2021. Le but de cette activité est d’offrir une reconnaissance à China Town, aussi connue comme Camp chinois en l’inscrivant au patrimoine national et, à terme, au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le PPS des circonscriptions numéros 13 et 3, Ismaël Rawoo y était présent lors de cette visite. Il a annoncé toute une série de mesures visant à développer ce quartier de la capitale.

Port Louis, la capitale du pays, bien qu’étant surtout connue pour être un centre d’affaires et la zone la plus achalandée pour le commerce, abritant le seul port de l’île, a aussi en son refuge, un certain nombre de trésors traditionnels et culturels. L’un d’eux est China Town. Réputé pour sa riche histoire, cet endroit perd graduellement de son lustre d’antan d’où l’intervention de l’Association East Meets West qui s’est penché sur l’avenir de ce site historique.
En compagnie du PPS Ismaël Rawoo, le président de l’Association East Meets West, Kwang Poon, a sillonné les rues de China Town, le samedi 7 août dernier, pour découvrir les vestiges de cet endroit de la capitale et ses alentours. « Chinatown a été le berceau de l’histoire de la migration chinoise dans les années 1835 à 1840 à Maurice. Les vestiges de leurs riches empreintes sont toujours présents à China Town. Et il n’est pas question que le passé de ce quartier aille aux oubliettes », retorque Kwang Poon.
D’emblée, le président de l’Association East Meets West a, lors de cette visite guidée, fait une historique de cette localité de la capitale. « Chinatown, du nom original ‘Tong Hing Kaii’, a été édifié par les milliers de migrants de Guangzhou qui ont foulé le sol Mauricien dans les années 1700. Dès leur arrivée, ils se sont installés le long de la rue dans le centre de Port-Louis et ils ont formé rapidement un petit Chinatown. Ils travaillaient, pour la plupart, comme des forgerons, charpentiers, cordonniers et tailleurs », rappelle-t-il. Ce dernier nous informe que toute sa génération a vécu à China Town en commençant par son défunt grand-père qui occupait à l’époque un salon de coiffure dans cette partie du pays.
Poursuivant sa lancée, le président de l’Association East Meets West, Kwang Poon, rappelle qu’au fil des années, la région de China Town s’est démarquée comme étant une preuve vivante de l’apport et de la culture chinoise à Maurice. « La région est réputée pour sa cuisine savoureuse ; la cuisine chinoise, qui fait désormais partie intégrante de la culture mauricienne, les nouilles frites, les boulettes, les chop suey sont des plats qui sont appréciés par tous les Mauriciens, peu importe leur origine. Il y a aussi des magasins qui vendent des médicaments traditionnels sans oublier les fameuses boutiques chinoises », a-t-il fait ressortir.
L’envers du décor
Cependant, Kwang Poon concède que depuis les dix dernières années, plusieurs vestiges et autres édifices situés à China Town sont réduits en des simples espaces de parking ou sont laissés en abandon. Pour lui, c’est la zone tampon de l’Appravasi Ghat qui en est pour quelques choses. « Nous n’avons rien contre l’Aapravasi Ghat mais nous demandons, à ce que China Town ait ses propres spécificités, car la zone de Tampon nous fait énormément du tort. Il y va définitivement qu’on trouve une solution afin de redonner une nouvelle dimension culturelle et économique à cette partie de la capitale et mettre en valeur son cachet culturel pour attirer plus de touristes », confie-t-il.
China Town doit être inscrit comme un patrimoine national
Kwang Poon informe qu’à China Town, il y a des bâtiments en pierre et en bois qui ont une valeur historique et qui, selon lui, méritent d’être préservés et valorisés. A cet effet, il propose à ce que la China Town devienne un patrimoine national. « Il est plus que jamais nécessaire que Chinatown soit élevée au rang de National Heritage Site. Une telle démarche aidera ce quartier de la capitale à préserver son cachet historique et culturel et par ricochet, conserver certains sites pour les générations futures », abonde-t-il. Ce dernier confie que son organisme, dans un deuxième temps, œuvra pour la reconnaissance de China Town par l’UNESCO en l’inscrivant comme patrimoine mondial.
Un budget de Rs 20 M pour le développement de China Town
De son côté, le député Ismaël Rawoo, PPS responsable de la circonscription no 3 (Port-Louis Est/Port-Louis maritime), se dit honoré par cette invitation de l’Association East Meets West. Il affirme qu’il est également en faveur de l’inscription de China Town en tant qu’un patrimoine national. Par la même occasion, il annonce des travaux de développement à hauteur de Rs 20 millions dans cette partie de la capitale.
« Tout au long de la visite, nous avons aperçu des pans de l’histoire de la communauté chinoise, qui doivent à tout prix être préservés. Dans ce contexte, au niveau de la National Development Unit (NDU), avec le soutien du gouvernement et en étroite collaboration avec la municipalité de Port-Louis, nous menons plusieurs projets pour la China Town. Le gouvernement a voté un budget de Rs 20 millions pour le développement de China Town », a-t-il souligné.

A noter que les membres de l’Association East Meets West auront une rencontre très prochainement avec le ministre des Arts et du Patrimoine culturel, Avinash Teeluck, en vue d’accélérer les démarches afin que China Town soit élevée au rang de National Heritage Site.












