Alors que des « bulles spéculatives » se forment…Vers une nouvelle crise financière à travers le monde ?



Alors que l’inflation repart et que les valeurs sur les marchés boursiers connaissent des pics, quelques voix commencent à tirer  la sonnette d’alarme : attention à un krach dans les jours à venir.

Pendant le mois d’octobre 2021, l’inflation est  reparti, que ce soit aux États-Unis (une moyenne de 5,4 % pour la période de septembre 2020 à septembre 2021) ou en Europe (3,4 %), et les banques centrales deviennent moins accommodantes. Parallèlement, le Dow Jones a atteint le chiffre record de 35 000 points vers la mi-juillet 2021. On se pose des questions si cette tendance continuera, et quels seront ses effets.

Mais déjà, des voix s’élèvent pour mettre en garde les investisseurs.

Jeremy Grantham, le cofondateur de la société d’investissement GMO, est celui qui avait prédit la crise financière de 2008, qui est encore dans les mémoires. Il estime que de nombreuses bulles se sont formées dans plusieurs domaines, dont les taux d’intérêt, les actions, le logement et certaines matières premières, entre autres. Selon Jeremy Grantham, comme cité par Le Revenu, « Les bulles sont incroyablement faciles à voir, c’est de savoir quand l’effondrement aura lieu qui est plus délicat ».

Une bulle financière est une situation où le niveau des prix dans un domaine quelconque (actions, obligations, immobilier, marché des changes etc.) est artificiellement excessif par rapport à la valeur réelle de ces biens. Ces bulles ne sont pas durables et peuvent s’effondrer, ce qui peut provoquer une crise financière à l’échelle planėtaire.

Michael Burry, le patron de Scion Asset Management, a été l’un des premiers à anticiper la crise des ‘subprimes’ en 2008. Lui aussi prévoit des moments difficiles à venir. Ce qu’il pointe du doigt : « l’engouement irrationnel » pour les cryptomonnaies, comme le Bitcoin, ou encore pour les valeurs des entités comme Tesla. Grantham et Burry sont rejoints par d’autres gourous de Wall Street, selon qui « Les spéculations actuelles dépassent toute logique », ou encore, « La plus grosse bulle de l’histoire du monde prend de l’ampleur ».

Les experts de la Banque centrale européenne (BCE) tirent eux-mêmes la sonnette d’alarme : il y a une dégradation de la valeur des actifs détenues dans des banques européennes, et des bulles pourraient se former dans le secteur de l’immobilier, dans plusieurs pays. Qui plus est, toujours selon les grosses têtes de la BEC, les prévisions des banques en matière de créances douteuses pourraient se révéler trop optimistes.

Il faut dire que l’effondrement de ces bulles spéculatives n’a rien de nouveau. Et quand ils se produisent, ce n’est pas beau à voir…

L’écrivain Emile Zola décrivait le krach de 1882 dans son roman L’Argent : on investissait de façon déraisonnable dans une société connue comme Union Générale, en ignorant toute prudence. Et ce qui devait arriver arriva : « Après l’extrême confiance, l’engouement aveugle, arrivait la réaction de la peur, tous se ruant encore pour vendre, s’il en était temps encore. » Des volumes énormes de ventes qui accéléraient l’effondrement…

Le krach de 1929, de sinistre mémoire, va mettre à genoux l’Oncle Sam, un traumatisme toujours profondément ancré dans le psyché de ce pays.

En 1987, Wall Street va s’effondrer de nouveau, une chute de plus de 22 %, après un cycle à la hausse des valeurs boursières qui avait débuté en 1982. On a toujours en tête la crise des ‘subprimes’ en 2008, quand les marchés boursiers se sont effondrés les uns après les autres à travers le monde. Ainsi, la Bourse de Paris dégringolait de 42,7 %.  Il a fallu attendre jusqu’en 2019, pour que les cicatrices disparaissent.

Plus récemment, dans le sillage de la pandémie de covid-19, conjuguée avec la chute du marché du pétrole, il y a bien eu une baisse de 38 % au CAC-40, l’indice boursier français, mais dès avril 2021, le marché avait déjà regagné le terrain perdu. Jusqu’à quand ?

Le célèbre économiste John Kenneth Galbraith déplorait l’incapacité des investisseurs à tirer les leçons du passé et mettait en garde contre toute surexcitation en ce qui concerne un marché ou une nouvelle perspective d’investissement. Selon lui, il y aura toujours des bulles spéculatives dans l’histoire. C’est aux investisseurs de faire preuve de prudence.

(Source : Le Revenu, No 1659, du 22 au 28 octobre 2021)

Posted by on Nov 2 2021. Filed under Actualités, Economie, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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