Cinq choses à savoir sur Elisabeth Borne, nouvelle Première ministre de Macron…



L’ancienne ministre de l’Ecologie, Elisabeth Borne, succède à Jean Castex et devient la deuxième femme à devenir Première ministre. Portrait d’une technicienne au CV qui pèse lourd.

Elle était une des tenantes de l’aile gauche du gouvernement Castex. L’ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal, lorsqu’elle était ministre de l’Environnement, devient, ce lundi 16 mai, Première ministre, trente ans après Edith Cresson, seule femme à être parvenue à une telle responsabilité entre 1991 et 1992. 

Emmanuel Macron a vu en cette technicienne un atout indispensable à l’heure où s’annoncent de nouvelles réformes sociales, à commencer par “la mère des batailles” sur les retraites. Ingénieure, née le 18 avril 1961 à Paris, diplômée de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées et de Polytechnique, haute fonctionnaire, elle aura pour tâche de porter la nouvelle ambition écologique qu’a promis le Président, au soir de sa réélection. Une mission qu’elle ne devrait pas écarter puisqu’elle fut ministre de l’Ecologie, dans le gouvernement Philippe, lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Fidèle parmi les fidèles, passage dans le privé, “super techno”… Les cinq choses qu’il faut retenir sur la nouvelle Première ministre.

“Super techno”

Elisabeth Borne a tout le profil de la technicienne. Cette sexagénaire toujours tirée à quatre épingles, souvent une cigarette électronique à la main – y compris discrètement dans l’hémicycle des assemblées -, est réputée bien connaître ses dossiers. “C’est une super techno”, commentait récemment un responsable syndical, qui ne la voyait pas à Matignon.

Très discrète sur sa vie privée, elle a connu une enfance marquée par la mort de son père, un ancien déporté, alors qu’elle n’a que 11 ans. Avec une mère qui n'”avait pas vraiment de revenus”, elle a été pupille de la Nation, confiant avoir trouvé dans les maths “quelque chose d’assez rassurant, d’assez rationnel”. Un esprit scientifique à l’origine de sa réputation d’excellente technicienne. Elle commencera sa vie professionnelle dans les cabinets socialistes dans les années 1990.

Passage dans le privé

Après un passage aux ministères de l’Education et de la Culture, Elisabeth Borne rejoint en 2007 le privé, chargée des concessions du groupe Eiffage, avant de retrouver l’administration publique. Elle rejoint la Mairie de Paris comme directrice de l’urbanisme. Elisabeth Borne devient ensuite, en 2014, directrice de cabinet de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal. L’année précédente, en 2013, elle avait été nommée préfète de la région Poitou-Charentes, une fonction précieuse pour Emmanuel Macron qui cherchait au départ un profil avec une expérience d’élue locale. C’est raté.

Elisabeth Borne est la quatrième cheffe du gouvernement sous la Ve République à n’avoir jamais brigué un mandat au suffrage universel, après Georges Pompidou, Raymond Barre et Dominique de Villepin. Elle concourra aux législatives dans le Calvados en juin, une candidature confirmée par son entourage après sa nomination à Matignon, pour lutter contre la critique de son manque d’enracinement local.

Fidèle des fidèles

Elle a rejoint Emmanuel Macron en 2017, après une expérience à la présidence de la RATP, grande entreprise publique de transports, quelques années après avoir été directrice de la stratégie de la SNCF, au début des années 2000. Elle a d’abord géré le portefeuille des Transports dans les gouvernements d’Edouard Philippe. Elle mène la réforme de la SNCF, son ancien employeur, qui lui vaudra les éloges de son camp et les critiques vives de son ancienne famille politique, la gauche.

Qu’importe, Elisabeth Borne est désormais fidèle aux marcheurs. En juillet 2019, elle remplace François de Rugy comme ministre de la Transition écologique et solidaire. En pleine crise sanitaire liée au Covid-19, elle est propulsée au ministère stratégique du Travail, en juillet 2020. Sur son bureau, les dossiers de la réforme de l’assurance chômage, dénoncée unanimement par les syndicats, qui n’ira pas au bout et l’employabilité des jeunes massivement touchés par la crise sociale liée à la pandémie. A son actif, le plan “Un jeune, une solution” présenté dès juillet 2020 qui a mobilisé une palette de dispositifs pour l’emploi, dont des aides massives à l’apprentissage, pour éviter une “génération sacrifiée”. Malgré plusieurs autres hypothèses pour le poste, de Catherine Vautrin à Marisol Touraine, c’est cette fidèle “loyale, intègre, bûcheuse et plutôt drôle quand on la connaît”, selon un élu – que le chef de l’Etat a choisi.

“Borne out”

“Si on se dit qu’il y a besoin d’empathie, pour le coup, vous partez de loin”, persifle un responsable syndical qui l’a côtoyé dans les couloirs du ministère du Travail. Bureaux dans lesquels, on rappelle la dureté supposée qu’elle pouvait laisser transparaître envers ses collaborateurs. Elle fut même surnommée “Borne out”, en référence au burn out, un syndrome d’épuisement.

Future madame réforme des retraites ?

“Plus politique” que sa prédécesseure Muriel Pénicaud, comme l’observe un témoin, elle entretient des relations cordiales avec les partenaires sociaux. Une habilité qui a dû aller dans le sens de la nouvelle Première ministre au moment de choisir alors que l’épineuse réforme des retraites est à l’agenda. Elle dispose également d’un sens de la communication politique. Elisabeth Borne avait multiplié ces derniers mois les interventions dans les médias pour défendre l’action du gouvernement, notamment le “bouclier anti-licenciement” du chômage partiel face à la crise. Une crise Covid qu’elle a affrontée intimement. Après avoir contracté le virus, elle a dû passer plusieurs jours à l’hôpital confiant par la suite avoir vécu une expérience “angoissante” et s’être vu “administrer ponctuellement de l’oxygène”.

Posted by on May 17 2022. Filed under Economie, En Direct, Featured, Monde, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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