La Finlande et la Suède ouvrent la voie à une candidature à l’OTAN…
Après la fin de la guerre froide, la Suède et la Finlande étaient déjà devenues partenaires de l’OTAN et membres de l’UE. Une entrée dans l’OTAN, inenvisageable politiquement il y a encore quelques mois, marque une intégration complète dans le bloc occidental.
« C’est un jour historique. Une nouvelle ère s’ouvre. » La Finlande a présenté, dimanche 15 mai, sa candidature à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), un événement salué par son chef de l’Etat, Sauli Niinistö. Dans la foulée, le parti au pouvoir en Suède a émis le souhait de rejoindre l’OTAN, conjointement avec la Finlande – conséquence directe de l’invasion russe de l’Ukraine.
Une candidature commune à l’OTAN avec la Finlande est ce qu’il y a de « mieux » pour la Suède et sa sécurité, a affirmé, dimanche, la première ministre sociale-démocrate, Magdalena Andersson, à l’issue d’une réunion au cours de laquelle son parti a donné son feu vert à cette candidature.
Une entrée dans l’OTAN des deux pays nordiques, vue d’un très mauvais œil par Moscou, serait la preuve qu’« une agression » comme l’invasion de l’Ukraine « ne paie pas », a affirmé le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg. Alors que le Kremlin a justifié son invasion de l’Ukraine par le risque d’extension de l’OTAN à ses portes, une adhésion de la Finlande rallonge de quelque 1 300 kilomètres la frontière entre la Russie et l’Alliance.
Le chef de l’OTAN « confiant »
Le patron de l’OTAN s’est dit « confiant » dans la possibilité pour les pays membres de l’Alliance de trouver un compromis avec la Turquie, dont le président Erdogan avait subitement affiché son hostilité à une adhésion suédo-finlandaise. Ankara a « clairement indiqué son intention de ne pas bloquer » l’entrée des deux pays, a-t-il assuré.
La Turquie reproche aux deux pays, et à Stockholm particulièrement, de faire preuve d’une trop grande mansuétude vis-à-vis du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, bien qu’il soit sur la liste de l’Union européenne des organisations terroristes.
Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu, s’est montré conciliant avec la Finlande, dimanche, mais a concentré ses critiques contre les « déclarations provocantes » de la Suède, avec qui les relations ont parfois été houleuses ces dernières années. A Helsinki, le président Niinistö s’est, lui, dit « prêt à avoir une nouvelle discussion avec le président [turc] Erdogan sur les problèmes qu’il a soulevés ».
Des garanties de sécurité assurées
Après la décision de l’exécutif, le Parlement finlandais doit examiner, lundi, le projet d’adhésion, avec un vote prévu selon le président de la chambre. Une majorité est déjà acquise. Côté suédois, Magdalena Andersson se rendra lundi au Parlement « pour [s]’assurer d’un large soutien parlementaire pour une candidature à l’OTAN », a-t-elle mentionné, et « ensuite nous pourrons prendre une décision du gouvernement », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
Par ailleurs, durant la période transitoire entre la candidature et l’adhésion, qui dure plusieurs mois, l’OTAN s’est dit prête à renforcer les « garanties de sécurité » de la Finlande et de la Suède, notamment en renforçant la présence otanienne. Seuls les membres de l’OTAN bénéficient en effet du célèbre article 5 de protection mutuelle, pas les candidats. Stockholm et Helsinki ont donc cherché des assurances de protection ces dernières semaines.
Formellement, un candidat à l’OTAN doit transmettre son dossier au siège de l’Organisation à Bruxelles en vue de l’ouverture de négociations d’adhésion, qui nécessitent une unanimité des trente membres actuels. Après la fin de la guerre froide, la Suède et la Finlande étaient déjà devenues partenaires de l’OTAN et membres de l’Union européenne. Mais une entrée dans l’OTAN, inenvisageable politiquement il y a encore quelques mois, marque une intégration complète dans le bloc occidental.
« Les Etats-Unis soutiendraient fortement la candidature à l’OTAN de la Suède ou de la Finlande si elles choisissaient de poser officiellement leur candidature à l’Alliance », avait assuré, un peu plus tôt dimanche, à Berlin, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, après une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Alliance, se disant « confiant dans un consensus » prochain entre les trente membres en vue d’une adhésion des deux pays.












