47e édition Notre santé, Notre trésor: Comprendre la polyarthrite rhumatoïde…



Dans cette 47e édition du Magazine Notre santé, Notre trésor, nous parlons de la polyarthrite rhumatoïde. Ce mal qui se traduit par des douleurs articulaires des membres, notamment des poignets, des mains et qui peut bouleverser votre quotidien. Comment éviter cette maladie ou alors quels sont les remèdes ? Voici notre dossier soutenu par un article paru dans le Magazine Nous Deux.

 

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire sévère qui touche les articulations. Celles-ci se détruisent progressivement, entraînant un handicap. Les vingt dernières années ont connu un essor considérable des traitements, permettant dans la plupart des cas une amélioration notable des symptômes et même, plus rarement, une rémission complète prolongée. Les recherches se poursuivent activement dans le but d’obtenir davantage de rémissions prolongées et, à terme, l’éradication de la maladie.

 

Le plus souvent cette maladie commence par un enraidissement douloureux de plusieurs articulations, généralement les poignets, les mains, les doigts. Les articulations se mettent à gonfler. S’agissant d’une maladie inflammatoire, les symptômes sont présents plus volontiers en fin de nuit et le matin. L’enraidissement cède après plusieurs dizaines de minutes, période appelée le dérouillage matinal. Souvent, une fatigue, une lassitude ou une perte d’appétit accompagne les douleurs.

Les premières inflammations touchent les petites articulations qui suivent :mains, poignets, doigts, pieds, orteils… Les autres articulations couramment affectées incluent : genoux, épaules, coudes, chevilles et hanches.

La polyarthrite rhumatoïde peut également affecter le cou. Le rachis lombaire et les articulations aux extrémités des doigts ne sont pas affectés.

 

Les articulations touchées sont généralement douloureuses et souvent raides, surtout le matin au lever (en général, cette raideur dure plus de 60 minutes) ou après une longue période d’inactivité. Certaines personnes perçoivent de la fatigue et de la faiblesse, en particulier dans la première partie de l’après-midi. La polyarthrite rhumatoïde peut causer une perte d’appétit avec une perte de poids et une légère fièvre.

 

Moyens du diagnostic

Il n’y a pas de test diagnostique spécifique de polyarthrite rhumatoïde. Le diagnostic est suspecté devant l’association de différents éléments :

 

À l’examen : présence d’une polyarthrite touchant les mains et les pieds,

À la prise de sang : un syndrome inflammatoire biologique et la présence d’auto-anticorps  qui sont des marqueurs de Polyarthrite Rhumatoide, comme le facteur rhumatoïde et les anticorps anti peptides cycliques citrullinés (anti CCP) ou anticorps anti-peptide citrullinés (ACPA), sur les examens d’imagerie médicale (radiographies, échographie, Imagerie par résonance magnétique ou IRM).

Une inflammation chronique

La polyarthrite est une maladie auto-immune, ce qui signifie que le propre système immunitaire du malade va induire une inflammation de la membrane synoviale, qui tapisse les articulations, appelée synote. Cette inflammation s’accompagne d’une production excessive de liquide synovial qui s’accumule dans l’articulation’, explique le Pr Philippe Dieudé, rhumatologue à Paris, au Magazine Nous Deux.

Il indique aussi que des cellules de l’inflammation envahissent ainsi la membrane synoviale. Faute de traitement, elles vont peu à peu abimer l’articulation, suite à des lésions de l’os et du cartilage, entrainant un handicap sévère.

Cette inflammation chronique qui caractérise le rhumatisme augmente par ailleurs, le risque cardiovasculaire.

Par la suite, la maladie évolue sous la forme de poussées, entrecoupées de rémissions plus ou moins complètes. Toutes les articulations peuvent être touchées : les coudes, les épaules, la région du cou, les pieds et les orteils, les genoux, les hanches, le cou. Rapidement, la destruction de l’articulation va se voir sur les radiographies : pincement des cartilages, destructions de l’os voisin, luxation des articulations.

 

Après plusieurs années, l’évolution d’une polyarthrite rhumatoïde conduit à des déformations articulaires et des destructions tendineuses. La chirurgie orthopédique est alors nécessaire pour réparer, et souvent remplacer une articulation par une prothèse.

 

Qui sont ceux les plus à risque

Dans beaucoup de cas, il s’agit d’une maladie multifactorielle.

Il existe des gènes de prédisposition à la polyarthrite rhumatoïde, situés dans différentes régions du génome. Les gènes dont l’implication est la plus forte appartiennent au complexe majeur d’histocompatibilité : il s’agit de certains gènes HLA-DR qui codent des molécules essentielles pour la présentation des antigènes au système immunitaire. Ces gènes favorisent l’apparition de la maladie, mais leur présence n’est pas indispensable. Certaines études conduites sur des jumeaux homozygotes (les « vrais jumeaux ») montrent que si l’un est atteint, l’autre ne le sera que dans 10 à 15% des cas, montrant bien que d’autres facteurs interviennent.

 

Ces autres facteurs sont en fait un ensemble de facteurs environnementaux :

La fumée de tabac joue un rôle très important : la polyarthrite rhumatoïde est plus fréquente, plus grave, et répond moins au traitement chez les fumeurs.

Le sexe : la maladie est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.

L’âge : le pic d’apparition de la maladie se situe vers 45 ans.

Quid des traitements

Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde repose sur la prescription de médicaments (par voie orale ou en injections), la réadaptation fonctionnelle et les appareillages, ainsi que, parfois, la chirurgie. La prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde doit être multidisciplinaire. En fonction de chaque patient, de son évolution et de la sévérité de sa maladie, elle fait appel, autour du rhumatologue, à différents acteurs médicaux et paramédicaux : médecin généraliste, médecin de rééducation fonctionnelle, chirurgien orthopédiste, psychiatre ou psychologue, kinésithérapeute, ergothérapeute, podologue, infirmière, assistante sociale, etc.

 

Les objectifs du traitement contre la polyarthrite rhumatoïde sont de soulager la douleur, de réduire l’intensité des symptômes, de stabiliser les lésions existantes et de prévenir l’apparition de nouvelles lésions, d’améliorer la qualité de vie et, si possible, d’induire une rémission (c’est-à-dire l’absence de symptômes, l’absence de signes d’inflammation et l’arrêt de la progression des dommages au niveau des articulations).

 

On distingue deux types de traitements médicamenteux contre la polyarthrite rhumatoïde : les traitements d’action immédiate visant à réduire rapidement les symptômes (traitements de crise) et les traitements destinés à prévenir la progression de la polyarthrite rhumatoïde sur le long terme (traitements de fond). Le traitement est adapté à chaque personne et associe différents moyens thérapeutiques. Le médecin peut moduler le traitement selon la sévérité des symptômes observés, selon le terrain particulier au patient (par exemple, l’existence d’une autre maladie chronique ou d’une allergie à un type de médicament), selon l’efficacité des traitements prescrits jusque-là, mais également selon le type d’activité du patient (patient encore en activité ou patient retraité, patient citadin ou patient rural, etc.).

 

Un accompagnement global

Dans le Magazine Nous Deux, on précise aussi que plus la maladie et ses conséquences sont sévères, plus le patient a aussi besoin d’être entouré, soutenu, aidé. De nombreux professionnels de santé peuvent ainsi intervenir ponctuellement ou sur des périodes plus longues. Un ergothérapeute peut conseiller les aménagements nécessaires à réaliser au domicile du malade et lui apprendre à effectuer autrement certains gestes quotidiens devenus difficiles.

Un diététicien ou un nutritionniste pourra l’aider à rétablir une alimentation équilibrée afin que le patient ne prenne pas trop de poids et combinée aux différents traitements.

L’activité physique adaptée encadrée par un professionnel est également importante : elle contribue à diminuer la fatigue et préserver la mobilité des articulations.

Des techniques de relaxation comme le shiatsu, le tai-chi-chuan, la sophrologie, le qi gong… aident aussi certains malades à prendre la distance par rapport à leur douleur.

Que faire lorsqu’on souffre ?

Au-delà du suivi médical et des traitements, certaines mesures simples peuvent contribuer à améliorer la qualité de vie des personnes qui souffrent de polyarthrite.

  • Notez dans un carnet les poussées, leur durée et l’intensité de la douleur, ainsi que les traitements entrepris avec leurs résultats. Cela facilitera la communication avec votre médecin, et permettra d’améliorer votre prise en charge.
  • Mangez équilibré afin d’éviter un excès de poids. Attention aux régimes particuliers (jeûne ou exclusion de certains aliments) qui paraissent séduisants, mais qui ne s’appuient pas sur des bases scientifiques et peuvent être à l’origine de carences nuisibles pour votre santé.
  • Prenez soin de vos articulations : évitez de porter des charges trop lourdes, ne restez pas debout trop longtemps sans bouger et évitez de piétiner…
  • allez à la piscine pour détendre vos articulations et vos muscles sans effort,
  • n’hésitez pas à vous servir d’aides techniques dans la vie quotidienne : ouvre-boîte, support de clés, canne ou installations spécifiques dans votre maison ou sur votre lieu de travail.
Posted by on Aug 1 2022. Filed under Santé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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