L’écrivain Salman Rushdie victime d’une attaque au couteau lors d’une conférence aux États-Unis…
L’auteur Salman Rushdie, menacé de mort depuis la fin des années 1980 après avoir écrit « Les versets sataniques », a été attaqué sur scène, ce vendredi 12 août, dans l’État de New York alors qu’il s’apprêtait à donner une conférence. L’auteur des faits a été arrêté.
L’écrivain britannique Salman Rushdie ici à Paris en 2018.
Salman Rushdie, l’écrivain britannique d’origine indienne sous le coup de menace de mort de la part de l’Iran depuis la fin des années 1980, a été attaqué ce vendredi 12 août alors qu’il s’apprêtait à donner une conférence à l’institut Chautauqua, dans l’ouest de l’État de New York.
Peu avant 11 h (15 h GMT), « un suspect s’est précipité sur la scène (de l’amphithéâtre) et a attaqué Salman Rushdie et l’intervieweur » en « poignardant » l’écrivain « au cou », avait très rapidement annoncé la police, qui a précisé vendredi soir que Salman Rushdie avait aussi été « poignardé à l’abdomen ».
L’agresseur arrêté et placé en détention
Le major de la police de l’État de New York, Eugene Staniszewski a confirmé devant la presse que Salman Rushdie a été transporté en hélicoptère vers l’hôpital le plus proche où il a été opéré en urgence. L’animateur de la conférence, Ralph Henry Reese, 73 ans, a, lui, été « blessé légèrement au visage ».
L’agresseur a été aussitôt arrêté et placé en détention, l’agent Staniszewski révélant qu’il s’appelait Hadi Matar, 24 ans, originaire de l’État du New Jersey.
Poignardé une dizaine de fois
Selon un journaliste de l’Associated P ress, présent lors de l’attaque, l’écrivain a été poignardé dix à quinze fois. Salman Rushdie a été transporté à l’hôpital par hélicoptère.
Le rabbin Charles Savenor, également présent, a indiqué à AP que l’attaque avait duré environ vingt secondes.
Opéré en urgence, placé sous respirateur artificiel
Immédiatement après l’agression, Salman Rushdie a été transporté en hélicoptère vers l’hôpital le plus proche où il a été opéré en urgence, a indiqué sur Twitter son agent Andrew Wylie.
Il a promis de donner régulièrement des nouvelles de l’intellectuel de 75 ans qui vit à New York depuis quelques années.
Dans la nuit de vendredi à samedi, l’agent s’est exprimé au New York Times, indiquant que Salman Rushdie a été placé sous respirateur artificiel et qu’il va « probablement perdre un œil », précisant que « les nerfs de son bras ont été sectionnés » et que son foie « a été poignardé et est endommagé ». « Les nouvelles ne sont pas bonnes », a-t-il commenté.
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Sous le coup d’une fatwa
Le livre de Rushdie Les versets sataniques, best-seller mondial, est interdit en Iran depuis 1988, car de nombreux musulmans le considèrent comme blasphématoire. Un an plus tard, le défunt dirigeant iranien, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, a publié une fatwa, ou édit, appelant à la mort de Rushdie.
L’Iran a également offert plus de 3 millions de dollars en récompense à quiconque tue Salman Rushdie, aujourd’hui âgé de 75 ans.
« Mon problème, c’est que les gens continuent de me percevoir sous l’unique prisme de la fatwa », avait confié un jour ce libre-penseur qui se veut écrivain, pas symbole. L’auteur ne souhaitait pas être réduit à cette affaire.
Mais la montée en puissance de l’islam radical de ces dernières années n’a cessé de le ramener à ce qu’il a toujours été aux yeux de l’Occident : le symbole de la lutte contre l’obscurantisme religieux et pour la liberté d’expression.
Déjà, en 2005, il considérait que cette fatwa était un prélude aux attentats du 11 septembre 2001. Et, en 2016, il notait : « Mon cas n’a été que le précurseur d’un phénomène bien plus vaste qui désormais nous concerne tous. »












