Au Pakistan, plus d’un millier de personnes tuées par les pluies torrentielles



Les inondations provoquées par les pluies de mousson au Pakistan ont provoqué la mort de 1 136 personnes, selon le dernier bilan. Des torrents d’eau devraient atteindre la province du Sindh dans les prochains jours, aggravant les difficultés de millions de personnes déjà affectées par les intempéries.

 

Le bilan humain risque encore de s’alourdir. Le sud du Pakistan, particulièrement touché par les inondations, se préparait dimanche 28 août à un nouveau déluge provoqué par les crues des rivières, le nombre de morts s’élevant à plus de 1 000 dans l’ensemble du pays.

 

Alimenté par des dizaines de rivières et de ruisseaux de montagne sortis de leur lit à la suite de pluies record et de la fonte des glaciers, l’Indus, fleuve qui traverse la province du Sindh dans le sud du pays, ne cesse de grossir.

 

Les vannes ont été ouvertes pour faire face à un débit de plus de 600 000 m3 par seconde, a indiqué le responsable de l’important barrage qui régule le débit du fleuve, près de la ville de Sukkur, dans la province du Sindh, où vivent quelque 500 000 habitants.

 

Les autorités ont prévenu que des torrents d’eau devraient atteindre cette province du Sud dans les prochains jours, aggravant les difficultés de millions de personnes déjà touchées par les inondations.

 

Les responsables pakistanais attribuent ces intempéries dévastatrices au changement climatique, affirmant que le Pakistan subit injustement les conséquences de pratiques environnementales irresponsables ailleurs dans le monde.

 

Selon le dernier bilan de l’Autorité nationale de gestion des catastrophes publié lundi, 1 136 personnes ont été tuées depuis juin par les pluies torrentielles. Elle a indiqué que 75 personnes étaient mortes au cours des dernières 24 heures, alors que les autorités tentaient toujours d’atteindre les villages isolés dans le nord montagneux.

 

Un Pakistanais sur sept affecté

 

Plus de 33 millions de personnes – un Pakistanais sur sept – ont été touchées par ces intempéries et près d’un million de maisons ont été détruites ou gravement endommagées, selon le gouvernement.

 

Dans la province du Sindh, des dizaines de milliers d’habitants des zones rurales ont trouvé refuge sur les routes surélevées et les lignes de chemin de fer. Près de Sukkur, des tentes ont été dressées sur deux kilomètres pour accueillir les sinistrés qui continuaient d’arriver en bateau, chargés de lits en bois et de vaisselle, seuls biens qu’ils ont pu sauver.

 

“L’eau a commencé à monter dans la rivière depuis hier, inondant tous les villages et nous forçant à fuir”, a déclaré à l’AFP Wakeel Ahmed, un ouvrier de 22 ans.

 

Dans le nord du Pakistan, des milliers de personnes vivant près de rivières en crue ont reçu l’ordre samedi d’évacuer leurs habitations. Des hélicoptères et des sauveteurs continuaient toutefois dimanche de mettre à l’abri les retardataires.

 

“Nous avons dû secourir des enfants et des femmes”, a expliqué depuis la vallée de Swatt un secouriste, Umar Rafiq, à l’AFP.

 

Dans cette destination touristique populaire pour ses montagnes accidentées, de nombreuses rivières sont sorties de leur lit, démolissant à leur passage des dizaines de bâtiments, dont un hôtel de 150 chambres qui s’est effondré dans un torrent déchaîné.

 

Déjà durement touché par les inondations de 2010, le propriétaire d’une maison d’hôtes, Nasir Khan, a affirmé avoir tout perdu. “La partie du bâtiment épargnée il y a 12 ans a été engloutie par les eaux”, a-t-il raconté à l’AFP.

 

Ces intempéries sont comparables à celles de 2010, année au cours de laquelle 2 000 personnes avaient été tuées et près d’un cinquième du pays submergé par les pluies de mousson qui interviennent chaque année entre juin et septembre, selon les autorités.

 

Dérèglement climatique et corruption

 

Vendredi, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence et mobilisé l’armée pour faire face à cette “catastrophe d’une rare ampleur”, selon les termes de la ministre du Changement climatique, Sherry Rehman.

 

Le pays est particulièrement vulnérable au dérèglement climatique. Il figure en huitième position des pays les plus menacés par les phénomènes météorologiques extrêmes, selon une étude de l’ONG Germanwatch.

 

Pourtant, les habitants ont aussi leur part de responsabilité. La corruption et des programmes d’urbanisme mal établis ont conduit à la construction de milliers de bâtiments dans des zones inondables.

 

Ces inondations surviennent au pire moment pour le Pakistan, dont l’économie s’effondre et qui connaît une profonde crise politique depuis l’éviction du Premier ministre Imran Khan en avril, à la suite d’une motion de censure à l’Assemblée nationale.

 

Si la capitale Islamabad et la ville voisine de plus de 2 millions d’habitants, Rawalpindi, ont échappé au pire, les premières conséquences se font déjà sentir : “Les approvisionnements sont très limités”, souligne Muhammad Ismail, un marchand de fruits et légumes à Rawalpindi. “Les tomates, les petits pois, les oignons et autres légumes ne sont pas disponibles en raison des inondations”, explique-t-il à l’AFP, ajoutant que les prix avaient également grimpé en flèche.

 

 

Le bilan s’alourdit au Pakistan, dont un tiers du territoire est “sous les eaux”

 

Les inondations provoquées par les pluies de mousson au Pakistan ont provoqué la mort d’au moins 1 136 personnes, selon le dernier bilan publié lundi soir. Un tiers du territoire est actuellement “sous les eaux”, selon la ministre du Changement climatique. Une gigantesque opération de secours est en cours, et l’aide internationale commence à lentement arriver.

 

Des dizaines de millions d’habitants du Pakistan continuent, mardi 30 août, de lutter contre les pires pluies de mousson en trois décennies, qui ont fait au moins 1 136 morts, emporté d’innombrables maisons et détruit des terres agricoles vitales.

 

Le pays aura besoin de plus de 10 milliards de dollars pour réparer les dégâts et reconstruire les infrastructures endommagées, a indiqué mardi à l’AFP le ministre de la Planification et du Développement.

 

“Des dégâts massifs ont été causés aux infrastructures, en particulier dans les secteurs des télécommunications, des routes, de l’agriculture et des moyens de subsistance”, a déclaré Ahsan Iqbal.

 

Un tiers du Pakistan est actuellement “sous les eaux”, a indiqué, de son côté, lundi, dans un entretien avec l’AFP, la ministre du Changement climatique Sherry Rehman, évoquant une “crise aux proportions inimaginables”. “Tout n’est qu’un grand océan, il n’y a pas d’endroit sec d’où pomper l’eau”, a-t-elle relevé, ajoutant que le coût économique serait dévastateur.

 

 

Les pluies de mousson, qui ont débuté en juin, sont “sans précédent depuis 30 ans”, a souligné le Premier ministre Shehbaz Sharif, en parcourant les régions touchées du Nord tandis que, dans le Sud, le principal fleuve du pays, l’Indus, menace de sortir de son lit.

 

Selon le dernier bilan lundi de l’Autorité nationale de gestion des catastrophes (NDMA), la mousson a fait au moins 1 136 morts depuis qu’elle a débuté en juin, dont 75 ces dernières 24 heures. Mais les autorités tentent toujours d’atteindre des villages isolés situés dans des zones montagneuses septentrionales, ce qui pourrait encore alourdir le bilan. Plus de 33 millions de personnes, soit un Pakistanais sur sept, ont été affectées par les inondations et près d’un million de maisons ont été détruites ou gravement endommagées, a annoncé le gouvernement.

 

Appel aux dons

 

Des personnes déplacées par les inondations ont trouvé refuge dans des camps de fortune établis à la va-vite partout sur le territoire pakistanais. Une énorme opération de secours pilotée par l’armée est en cours dans le pays, où l’aide internationale commence à lentement arriver. Les Nations unies et le gouvernement pakistanais, qui a décrété l’état d’urgence, vont officiellement lancer mardi un appel aux dons de 160 millions de dollars pour financer l’aide d’urgence.

 

Les responsables pakistanais attribuent ces intempéries dévastatrices au changement climatique, affirmant que leur pays subit les conséquences de pratiques environnementales irresponsables ailleurs dans le monde.

 

Selon la ministre Rehman, ces intempéries sont pires encore que celles de 2010, année au cours de laquelle 2 000 personnes ont été tuées et près d’un cinquième du Pakistan submergé par les pluies de mousson.

 

Le Pakistan a reçu deux fois plus de précipitations qu’habituellement, selon le service météorologique. Dans les provinces du sud (Baloutchistan et Sind), les plus touchées, les pluies ont été plus de quatre fois supérieures à la moyenne des trente dernières années.

 

Terres cultivables inondées

 

Près de Sukkur, dans le Sind, où un imposant barrage datant de l’époque coloniale situé sur l’Indus est vital pour empêcher que la catastrophe n’empire, un agriculteur se lamentait de voir ses champs de riz perdus. “Nos plantations s’étendaient sur 2 000 hectares, sur lesquelles le riz de la meilleure qualité était ensemencé et mangé par vous et nous”, a raconté à l’AFP Khalil Ahmed, 70 ans. “Tout ça c’est fini.”

 

Le responsable du barrage a assuré que le gros de l’eau s’écoulant du nord du pays par le fleuve devrait atteindre l’ouvrage autour du 5 septembre, mais s’est dit confiant en sa capacité de tenir le choc.

 

Le barrage détourne les eaux de l’Indus vers des milliers de kilomètres de canaux qui constituent l’un des plus grands réseaux d’irrigation au monde. Mais les fermes ainsi desservies sont aujourd’hui complètement inondées.

 

La NDMA a affirmé que plus de 80 000 hectares de terres cultivables avaient été ravagées et plus de 3 400 kilomètres de routes et 157 ponts emportés par les eaux.

Posted by on Aug 31 2022. Filed under Actualités, Sci-Tech. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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