Nécrologie : Ras Mayul n’est plus…
Jacques Emmanuel Bill de son nom de scène Ras Mayul est parti pour rejoindre Kaya et d’autres dans le firmament de la musique locale. Il devait célébrer ses 40 ans de carrière musicale cette année.
Ras Mayul n’est plus. Jacques Emmanuel Bill pour l’état-civil, le seggaeman plus connu pour ses tubes tels que « Zenfan tou kouler » et « Vibrasion Seggae » a tiré sa révérence à deux semaines de ses 68 ans ce mardi. Cet ancien chanteur engagé de la trempe de Bam Cuttayen et des frères Joganah du Groupe Latatanier a aussi été un percussionniste du groupe Natty Rebels. Il était censé célébrer ses quatre décennies de carrière musicale cette année.
Après avoir découvert Bob Marley à travers un marin dans le quartier de Cassis, à Port-Louis, dans les années 70, il a perfectionné en art en se berçant des œuvres de Ti Frer, de Jean-Claude Gaspard, de Johnny Hallyday et de Mike Brant. Il a lancé l’album « Kawal Nasyonal » avec Zorti et Medgée Mandarin en 1982. Il y relatait la misère des Mauriciens, notamment des plus pauvres à l’approche des fêtes de fin d’année.
Il disait s’être lié d’amitié avec Kaya dans un snack où celui-ci travaillait à la gare Victoria, à Port-Louis, alors que lui-même livrait des boissons gazeuses. Ras Mayul a fini par sortir l’album seggae intitulé « Les dix komanman » en 1996 avec son groupe, Alpha & Omega après son incursion avec les Natty Rebels. « Exile » et « A nu viv » suivront en 2000 et en 2004.
En 2012, il évoquait ses problèmes antérieurs avec la drogue à travers l’album « Vision Artifisiel ». Il lui a fallu trois ans pour se sevrer, racontait-il, notamment avec l’aide d’un prêtre rencontré alors qu’il était en prison. La vie ne lui était pas particulièrement tendre. En 2007, le cyclone Gamede l’a poussé à chercher de l’abri dans un centre de refuge avec son épouse et ses cinq enfants, sa maison en tôle et en bois à la Cité Richelieu, à Petite-Rivière, ayant été endommagée.
Ras Mayul était censé sortir un nouvel album en 2014, mais il avait jeté l’éponge, faute de moyens financiers. Il y a huit mois, il avait fait une apparition dans un clip à l’occasion d’un concert en hommage à Kaya, décédé en cellule policière en février 1999, pour la première Journée nationale du seggae. Ses deux fils, Jacob et Moïse, ont, depuis peu, lancé le groupe Héritage, il y a quelques années, histoire de suivre ses traces.












