Bilan mitigé pour le plan de paix des chefs d’Etat africains partis en Russie et en Ukraine



Les liens historiques et contemporains, ainsi que la présence de l’institution majeure qu’est l’Union africaine n’ont pas suffi. Mais les initiateurs du processus y voient un premier pas qui devrait se poursuivre.

 

Sans surprise, la délégation des présidents Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud), Macky Sall (Sénégal), Hakainde Hichilema (Zambie) et Azali Assoumani (Comores et Union Africaine), ainsi que les Premiers ministres du Congo et d’Ouganda ont rencontré le président de la Russie. On ignore ce qui s’est dit derrière les portes closes mais en public certains indicateurs laissent penser que la mission a été difficile.

 

En Ukraine, la délégation s’est trouvée prise entre deux feux. Ceux de l’armée russe qui n’a pas cessé son offensive sur l’Ukraine malgré la présence des messagers de la paix. Et d’autre part le rejet catégorique de tout accord de paix par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour qui le conflit prendra fin avec le départ des troupes russes de son pays.

 

En Russie, les chefs d’État africains ont échangé avec le président Vladimir Poutine, habile dans le discours. Il a d’ailleurs essayé de leur faire comprendre que leurs propositions étaient basées sur des informations mal orientées.

 

Malgré cela, les présidents africains ont fait entendre leur voix. « Nous ne pouvons rester sans rien faire », a fait savoir le président sud-africain au président ukrainien. À son homologue russe, il a insisté sur l’arrêt impératif du conflit.

 

Il n’est pas possible pour le moment de tirer des conclusions sur les véritables gains de cette mission qui était en préparation depuis quelques mois. Cependant, Jean-Yves Ollivier, le président de la Fondation Brazzaville, qui l’a activée et soutenue dans l’ombre, anticipait déjà un succès mitigé. Dans une récente interview accordée à la filiale africaine du média russe Sputnik, il exprimait ses réserves quant à une réussite rapide : « Pour le moment, nous en sommes aux prémices. Nous observons les signes de bonne volonté de chacun et notre principal souci est d’initier un dialogue dans l’espoir qu’il contribuera à une solution pacifique à cette guerre », a-t-il déclaré.

 

Certains auraient pourtant espéré une plus grande réussite de Cyril Ramaphosa, négociateur hors-pair, dont l’Afrique du Sud qu’il dirige entretient d’étroites relations avec la Russie.

 

Son parti, l’African National Congress, actuellement au pouvoir, n’oublie pas que la Russie avait soutenu son combat contre l’apartheid. Par ailleurs, l’Afrique du Sud et la Russie font partie du groupe ambitieux appelé les BRICS, qui séduit aujourd’hui plusieurs pays émergents et qui gagne en influence.

 

Mais ces avantages seuls ne semblent plus suffire. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine est entré dans une zone où chacun devra choisir son camp, et la politique africaine de non-alignement a volé en éclats sur ce dossier, entre ceux qui s’opposent à l’intervention militaire russe, ceux qui la soutiennent et ceux qui ont choisi de ne rien dire. Le seul constat partagé sur tout le continent est que chacun, à des degrés divers, souffre du chaos provoqué par cette nouvelle bataille entre l’Est et l’Ouest.

Posted by on Jun 27 2023. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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