Gabon : le général Brice Oligui Nguema prête serment et s’« étonne » de la condamnation du coup d’État



Le nouveau président de transition, qui a renversé le président sortant Ali Bongo, a prêté serment ce lundi, en promettant notamment le « pouvoir aux civils ».

Il est désormais l’homme fort du Gabon. Après avoir renversé Ali Bongo à la suite d’un putsch militaire, Brice Oligui Nguema a prêté serment ce lundi 4 septembre, rapporte France 24 : « Je jure devant Dieu et le peuple gabonais de préserver en toute fidélité le régime républicain (…) de préserver les acquis de la démocratie », a-t-il notamment clamé lors de sa prise de pouvoir devant des juges de la Cour constitutionnelle. Vêtu d’un costume d’apparat rouge de la Garde républicaine (GR), l’unité d’élite de l’armée qu’il commandait, le général s’est aussi « étonné » de la condamnation du coup d’État par « les institutions internationales ». Selon lui, les militaires ont agi pour éviter une « effusion de sang ».

Au contraire, l’armée a mis fin au régime d’Ali Bongo le 30 août dernier en l’accusant de « coup d’État électoral ». Il a assuré que les forces de défense et de sécurité avaient « un double choix : soit tuer des Gabonais qui auraient légitimement manifesté, soit mettre fin à un processus électoral manifestement pipé ». Et d’ajouter : « Notre étonnement est grand quand on entend certaines institutions internationales condamner l’acte posé par des soldats qui n’ont fait que respecter leur serment sous le drapeau : sauver la patrie au péril de leur vie. »

Promesse de la libération des « prisonniers d’opinion »

Lors de ce discours, le général Brice Oligui Nguema a promis de « rendre le pouvoir aux civils » grâce notamment à des « élections libres, transparentes et crédibles ». Le militaire a aussi demandé, selon l’AFP, la participation de toutes les « forces vives de la Nation » afin « d’élaborer une nouvelle constitution qui sera adoptée par référendum […] pour des institutions plus respectueuses des droits de l’homme et de la démocratie ». Il n’a, en revanche, pas précisé de date quant à la tenue de ces élections. Autre promesse avancée : l’amnistie des « prisonniers d’opinion ». « J’instruis le futur Gouvernement » qui sera nommé « à réfléchir sur les mécanismes visant à amnistier les prisonniers d’opinion et faciliter le retour de tous les exilés », a-t-il déclamé.

Le pays était dirigé depuis cinquante-cinq ans par le clan Bongo, accusé de « corruption massive » et de « mauvaise gouvernance ». Ali Bongo, qui avait succédé à son père en 2009, est désormais en résidence surveillée. La population semble soutenir majoritairement ce putsch des militaires qui l’auraient « libérée du clan Bongo ». Mais depuis, l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine ont dénoncé ce putsch même si toutes les parties ont souligné qu’il avait eu lieu à la suite d’une élection manifestement frauduleuse, voire d’un « coup d’État institutionnel », selon Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne. Brice Oligui Nguema assure depuis qu’il mènera bataille contre la corruption et la mauvaise gouvernance, et qu’il opérera pour le « redressement de l’économie » et la redistribution des richesses.

Posted by on Sep 5 2023. Filed under En Direct, Featured, Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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