Meurtre de Lajwantee Beerbul à grand baie: Pierre Latour tente de maquiller le crime en accident…
Ses enfants ainsi que leurs conjoints arrêtés pour complot
Ce lundi 23 octobre 2023, Pierre Latour, un vigile de 43 ans habitant Grand-Baie, a comparu devant le tribunal de Pamplemousses pour le meurtre de sa concubine Lajwantee Beerbul. Cette dernière, âgée de 47 ans, a rendu l’âme à l’hôpital SSRN Ramgoolam dimanche dernier, victime d’une hémorragie intracrânienne suite à une nouvelle agression commise par son compagnon. Avec le suspect, ses deux enfants, son fils Sen William Latour, 19 ans, et sa fille Emma Usha Latour, 21 ans, ainsi que leurs conjoints respectifs, Sephora Davina Jean, 19 ans, et Didier Edouard, 29 ans, ont été arrêtés dans cette affaire pour complot. Ils auraient tous tenté de faire croire à la police que la victime n’avait pas été tuée sauvagement mais avait succombé à une chute dans sa salle de bains.
Toute cette affaire a éclaté dans la matinée du dimanche 22 octobre, lorsque les jeunes ont transporté le corps sans vie de Lajwantee Beerbul à l’hôpital SSRN de Pamplemousses, affirmant avoir trouvé la quadragénaire inconsciente dans la salle de bains. Cependant, lors de l’autopsie pratiquée par le Dr Shaila Parsad Jankee, il a rapidement été constaté que la victime présentait des ecchymoses sur différentes parties du corps. Une enquête a été ouverte et lors de leur interrogatoire individuel, ils ont fini par avouer que leur père et beau-père leur avait demandé de raconter cette version. Pierre Latour a ensuite été arrêté et n’a pu nier les faits. Il a avoué que sa compagne avait péri sous ses coups dans un campement qu’il devait surveiller, car elle voulait se séparer de lui.
Abandonner sa famille.
Selon les informations, Lajwantee Beerbul partageait sa vie avec Pierre Latour depuis seulement deux ans. L’habitante de Grand-Baie avait quitté son époux et ses enfants âgés de 27 et 22 ans, ainsi que son petit-enfant, pour vivre le grand amour avec celui qui était auparavant son amant. Ses proches affirment qu’ils ont tenté à plusieurs reprises de la raisonner, mais en vain. Son époux avait également tout fait pour tenter de la ramener dans son foyer, mais en vain.
Néanmoins, l’histoire d’amour que Lajwantee Beerbul pensait vivre s’est vite heurtée à une autre réalité. Peu de temps après avoir emménagé avec Pierre Latour, elle a commencé à subir des violences conjugales. Elle avait même passé quelques jours dans un centre pour femmes battues. Malgré les coups qu’elle encaissait, elle retournait toujours vivre avec lui.
Quitter définitivement.
Les actes de violence ont continué à se produire. Mais le samedi 21 octobre 2023, Lajwantee Beerbul, ne supportant plus ces coups répétés, a décidé de quitter définitivement Pierre Latour et de quitter sa maison. La mère de famille a tenté de faire comprendre au vigile qu’elle ne pouvait plus supporter d’être une femme battue et qu’elle souhaitait mettre un terme à leur relation. Le quadragénaire n’était cependant pas disposé à accepter cette décision. Alors qu’il assurait la surveillance d’un bungalow à Pereybère, il a proposé à Lajwantee Beerbul de s’y rendre avec lui afin de discuter de tout cela, chose qu’elle a acceptée.
Sur les lieux, les deux ont bu quelques verres ensemble, mais la mère de famille est restée ferme dans sa décision. Et alors que son charme ne fonctionnait plus, au cours de la soirée, Pierre Latour aurait commencé à être plus entreprenant, allant jusqu’à agresser Lajwantee Beerbul. Les coups ont continué et la femme de 47 ans a perdu connaissance à un moment donné.
Tentative de maquiller son agression en accident
Ne la voyant pas se réveiller vers 4 heures du matin le dimanche, le présumé meurtrier a paniqué et a alerté ses enfants. Son gendre, Edouard Didier, est venu les récupérer au bungalow puis il les a ramenés chez eux en voiture. De retour à la maison, ils ont placé la victime dans le lit. Elle était toujours inconsciente. Malheureusement, en raison de la violence qu’elle avait subie, elle ne s’est jamais réveillée. Les deux couples l’ont alors transportée à l’hôpital du Nord le dimanche matin, où elle est décédée. Avant de partir, le vigile a également donné des instructions aux jeunes pour qu’ils mentent et disent à la police que sa compagne était tombée dans la salle de bains. À l’hôpital SSRN de Pamplemousses, Edouard Didier a fait ce que lui avait dit son beau-père. L’homme de 29 ans a prétendu avoir trouvé la quadragénaire inconsciente dans la salle de bains, affirmant que la mère de famille s’était probablement blessée à la tête en prenant sa douche avant d’aller se coucher.
Lorsque les médecins de service ont examiné le corps de Lajwantee Beerbul, ils ont constaté que sa mort remontait à plusieurs heures. Son cadavre a donc été transféré à la morgue. L’inspecteur de police qui l’accompagnait a annoncé au médecin légiste qu’il s’agissait d’une mort naturelle, répétant mot pour mot ce que lui avait dit Edouard Didier. Cependant, lorsqu’elle a examiné le cadavre, avant même de pratiquer l’autopsie, le Dr Shaila Parsad Jankee a remarqué des ecchymoses à la tête, au visage et au bras de Lajwantee Beerbul. Comme personne n’avait été prévenu à l’avance, c’est seulement à ce moment-là qu’elle a demandé à un photographe de prendre des clichés du cadavre. L’autopsie pratiquée sur l’habitante de Grand-Baie a finalement conclu à une hémorragie intracrânienne causée par de multiples coups. C’est à ce moment-là que l’enquête s’est orientée vers un acte malveillant (foul-play).
Comme personne n’avait été prévenu d’avance, ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle a fait la demande pour qu’un photographe vienne prendre des clichés du cadavre. Et l’autopsie pratiqué sur l’habitante de Grand-baie, a fini par conclure à une hémorragie intracrânienne, causé par de multiples coups. C’est alors que l’enquête s’est orientée vers un acte malveillant (foul-play).
Passer aux aveux
Dans un premier temps, les policiers ont interrogé Edouard Didier car ils mettaient en doute cette version. Ensuite son épouse Emma Latour, son frère Sen William Latour et sa copine, Sephora Jean, ont subi le même exercice. Conformément à ce que leur avait demandé David Latour, les deux couples ont tous, dans leur première déclaration à la police, prétendu avoir entendu du bruit émanant des toilettes et que Lajwantee Beerbul avait été victime d’une chute. Une version que les enquêteurs, pas convaincus, ont prise avec des pincettes.
Lors d’un interrogatoire serré, Pierre Latour a cependant fini par avouer le meurtre, tout en admettant avoir comploté avec son fils, sa fille et leurs conjoints respectifs pour faire croire à un accident. Confrontés à ces aveux, le beau-fils de la quadragénaire et sa belle-fille, ainsi que leurs conjoints, ont modifié leur version des faits. Ils ont cette fois corroboré les dires de Pierre Latour, affirmant aux enquêteurs de la Criminal Investigation Division de Grand-Baie qu’ils ont menti pour protéger le meurtrier.
Lors de ces aveux, le vigile a expliqué que Lajwantee Beerbul lui aurait lancé à maintes reprises « Mo pou kit twa mo pou ale », ce qui a provoqué sa colère à un moment donné. Il a fait ressortir qu’il a brutalement agressé la quadragénaire sous l’effet de l’alcool avant de se rendre compte qu’elle avait perdu connaissance. Il a ajouté qu’il a tenté de maquiller cette agression en un accident, et qu’il n’avait d’autres choix que de compter sur la complicité de son fils Sen William Latour, de sa fille Emma Usha Latour, ainsi que de leurs conjoints respectifs, Sephora Davina Jean et Didier Edouard. C’est ce qu’a indiqué le suspect lui-même dans le récit qu’il a fait à la Criminal Investigation Division (CID) de Grand-Baie, dirigée par l’inspecteur Dooshan Thakoor.
Le lundi 23 octobre 2023, ils ont comparu devant le tribunal de Pamplemousses. David Latour a été inculpé de meurtre, tandis que les autres suspects ont été provisoirement inculpés de complot. Ils sont restés en détention policière, la police ayant objecté à leur remise en liberté sous caution. Ils ont tous participé à une reconstitution des faits au cours de la semaine.
Les funérailles de Lajwantee Beerbul, dont le visage était boursouflé et rempli d’ecchymoses, ont eu lieu mardi au domicile de sa sœur à Grand-Baie. La voir ainsi a laissé un goût amer à la bouche de ses proches, qui n’arrivaient pas à accepter ce départ soudain. « À chaque fois qu’elle prenait des coups, nous lui disions de le quitter mais elle n’écoutait jamais », confie Vedna, la sœur de la victime. Elle explique que dimanche matin, en apprenant la nouvelle de la mort de sa sœur, elle savait que ce décès n’était pas naturel. « À chaque fois, elle arrivait avec des bleus partout. Aujourd’hui, c’est son corps que nous avons réceptionné », a-t-elle dit.












