La baisse de l’utilisation du cuivre dans les véhicules électriques aura des effets limités sur les pays producteurs



Le rapport souligne que le déficit de l’offre mondiale de cuivre pourrait devenir conséquent en 2035, en raison d’une consommation mondiale attendue à 50 millions de tonnes et d’une production limitée à 31 millions de tonnes à cet horizon.

La baisse de l’utilisation du cuivre dans les véhicules électriques aura des conséquences limitées sur les pays producteurs, en raison notamment de la part relativement faible de l’industrie automobile dans la consommation globale du métal rouge et de la hausse prévue de la demande émanant du secteur des énergies renouvelables, selon un rapport publié le 25 octobre dernier par Ecofin Pro, la plateforme de l’agence Ecofin dédiée aux professionnels.

Intitulé « Les VE pourraient consommer à l’avenir moins de cuivre : implications sur le marché », le rapport rappelle que le cuivre est l’un des métaux les plus essentiels à la transition énergétique. L’une des principales applications de ce métal dans ce domaine est son utilisation dans les véhicules électriques (VE).

Un véhicule particulier équipé d’un moteur à combustion interne nécessite en moyenne 23 kg de cuivre, contre 60 kg pour un véhicule hybride rechargeable (PHEV) et 83 kg pour un véhicule entièrement électrique. À cela s’ajoute le poids des chargeurs, qui contiennent entre 0,8 kg et 8 kg de cuivre pour les modèles les plus rapides.

Alors que la mobilité électrique devrait se développer rapidement durant les prochaines années, la prise de conscience de l’importance du cuivre pour les VE et les inquiétudes concernant la disponibilité durable de l’offre ont déjà entraîné des hausses de prix historiques. Sur le London Metal Exchange, le prix de référence du cuivre pour livraison dans trois mois a ainsi établi un record à 10 845 dollars la tonne en mars 2022.

 

Des inquiétudes chez les pays producteurs

Malgré le reflux du prix depuis ce pic, les analystes pensent que de telles flambées peuvent inciter les industriels à trouver des moyens de réduire l’usage du métal.

Plusieurs organismes spécialisés ont déjà indiqué ces derniers mois que les constructeurs automobiles utiliseront moins de cuivre dans les véhicules électriques à l’avenir.

Alors que l’industrie a représenté les deux tiers de la croissance de la demande mondiale du métal rouge en 2022, le cabinet d’intelligence économique CRU Group a estimé, dans une note publiée en juillet 2023, qu’il faudra désormais 51 à 56 kg de cuivre en moyenne par véhicule électrique entre 2023 et 2030, contre une précédente estimation de 65 à 66 kg pour la même période.

Dans la même lignée, Goldman Sachs s’attend à ce que la consommation moyenne de cuivre par véhicule passe à 65 kg d’ici 2030 contre une précédente estimation de 73 kg. La banque américaine note que les constructeurs envisagent des batteries plus compactes, l’utilisation d’une feuille de cuivre moins épaisse, ou encore des batteries avec des tensions plus élevées, nécessitant par conséquent moins de câblage en cuivre.

En mai 2023, le patron du constructeur automobile Tesla, Elon Musk, avait d’ailleurs indiqué que son entreprise pourrait réduire les besoins en cuivre à un quart des niveaux actuels en passant d’une batterie de 12 volts à une batterie de 48 volts.

Ces prévisions de CRU Group et Goldman Sachs ont de quoi susciter des inquiétudes chez les pays producteurs du métal rouge. Mais le rapport fait remarquer que les conséquences de la baisse attendue de la quantité́ de cuivre nécessaire à la fabrication d’une voiture électrique sur le marché sont à relativiser, car plusieurs autres facteurs entrent en jeu.

Bien qu’elle soit importante, la demande de cuivre provenant de l’industrie automobile ne représente qu’une proportion mineure de la demande totale du métal. En effet, les infrastructures de distribution et de transmission d’électricité représentent 40% de l’utilisation finale du cuivre contre 20% pour la construction, 14% pour les appareils électroménagers et l’électronique et 12% pour le secteur du transport.

Un marché déficitaire à partir de 2027

D’autre part, la demande de cuivre dans le secteur des énergies renouvelables est en constante croissance dans le contexte d’une accélération de la transition énergétique. Selon une étude publiée en 2019 par le cabinet de conseil Wood Mackenzie, les 780 GW de capacités supplémentaires éoliennes qui pourraient être installées à la fois sur terre et en mer entre 2018 et 2028 entraîneraient une demande additionnelle de cuivre de 5,5 millions de tonnes.

En outre, des millions de pieds de câblage en cuivre seront nécessaires pour l’expansion des infrastructures de transport d’électricité.

Le rapport élaboré par notre confrère Louis-Nino Kansou souligne par ailleurs que la RD Congo et la Zambie sont des acteurs majeurs du marché mondial du cuivre. Leur poids devrait se renforcer dans les années à venir.

Selon Wood Mackenzie, la RD Congo, qui a produit 2,36 millions de tonnes de cuivre en 2022, devrait ravir le rang de deuxième plus grand producteur mondial au Pérou d’ici 2026-2027, grâce à l’entrée en production de plusieurs nouvelles mines. De son côté, la Zambie verra sa production augmenter à 939 683 tonnes en 2026, sous l’effet de nouveaux investissements dans la rénovation des infrastructures minières vieillissantes.

S’agissant des perspectives de l’offre mondiale de cuivre, S&P Global et International Copper Study Group (ICSG) s’attendent à un marché excédentaire en 2024. Le marché devrait cependant redevenir déficitaire à partir de 2027. Selon S&P Global, le déficit de l’offre pourrait même atteindre des proportions très importantes à l’horizon 2035, en raison d’une consommation mondiale qui devrait doubler pour atteindre 50 millions de tonnes et d’une production limitée à 31 millions de tonnes.

Posted by on Dec 5 2023. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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