L’OM cartonne Rennes et accroche la Ligue Europa
Dans un match décisif pour la cinquième place et une ambiance de semi-grève au Vélodrome, l’OM de Habib Beye a limité la casse en battant le Stade rennais (3-1) pour choper le top 5 et la Ligue Europa. Les Bretons auraient accroché le podium en cas de victoire, mais ils devront soutenir Lens en Coupe de France pour espérer une qualification dans la même compétition.
OM 3-1 Rennes
Buts : Højbjerg (2e), Gouiri (10e) et Aubameyang (55e) pour l’OM // Lepaul (84e) pour Rennes
Il y a eu un vainqueur, un perdant et finalement deux déçus, ce dimanche soir au Vélodrome, pour finir une saison qui aura été illisible jusqu’au bout à Marseille. Dans une drôle d’ambiance et un stade loin d’être plein, malgré la farandole de maillots aperçus toute la journée dans la ville, l’OM a mis fin à son calvaire en battant Rennes (3-1). Les Marseillais n’auront pas la Ligue des champions, l’ambition obligatoire fixée l’été dernier, mais ils auront au moins décroché la Ligue Europa sur le gong, ce succès leur permettant de passer devant les Bretons et de finir dans le top 5. Ce ne sera pas une réconciliation, mais au moins un soulagement sur la Canebière où le Stade rennais, qui aurait pu grimper sur le podium en cas de victoire, s’est cogné très fort la tête sur ses limites, ses erreurs monumentales et ses choix catastrophiques.
Pauvre Silistrie, pauvres Rennais
Tout le monde s’attendait à un naufrage de plus au milieu du silence et des sifflets réservés aux Marseillais, c’était compter sans les cadeaux bretons. Le premier mauvais choix est peut-être à mettre dans le sac de la direction rennaise, plombée par sa décision de confier le poste de gardien numéro 2 à Mathys Silistrie, 20 ans et sans doute pas prêt pour tremper dans le grand bain. Il serait sévère d’accabler un jeune portier qui devra se remettre de ses deux premières apparitions en Ligue 1 et qui n’aurait pas dû être là si Brice Samba n’avait pas ramassé cinq biscottes depuis le début de saison (dont trois pour gain de temps et contestations). Moins de deux minutes, c’est le temps qu’il a fallu à Marseille pour se mettre à l’endroit. Lancé par Mason Greenwood au milieu d’une défense bretonne catastrophique de bout en bout, Pierre-Emile Højbjerg a fait miauler le stade, à défaut de parler de rugissement (1-0, 2e). Ironie du sort : le milieu de terrain avait été le joueur le plus conspué à l’annonce des compositions.
Ce n’était rien à côté de l’énorme boulette à venir du pauvre Silistrie. Déjà fautive à Lens en février pour la dernière de Habib Beye, la doublure rennaise s’est trouée sur un dégagement envoyé tout droit sur Amine Gouiri, qui a vu le ballon aller au fond (2-0, 10e). Un scénario ressemblant à celui vécu par les Bretons en Coupe de France cet hiver : des cadeaux, des largesses et un grand n’importe quoi général. Il serait trop facile de blâmer le seul Silistrie, qui n’a pas été aidé par une équipe complètement à côté de ses crampons. À la fois dans l’animation défensive, la justesse technique, l’engagement et les choix en attaque. Mousa Al-Tamari a fracassé la barre (33e), c’est vrai, mais le Jordanien comme Mahdi Camara et Ludovic Blas ont croqué de belles opportunités (38e, 43e, 45e).
L’OM limite la casse, Rennes passe à côté de la C1
Pas géniaux, mais au moins motivés, les hommes de Beye ont tenté de remettre des pièces dans la machine, mais Silistrie a sorti les gants pour calmer Pierre-Emerick Aubameyang (35e, 46e) ou Igor Paixão (45e+2). Les South Winners pouvaient balancer du Freed from Desire à fond dans leur sono, encore plus après avoir vu Breel Embolo, entré dès la reprise, rater sa reprise devant une cage quasiment vide après une remise d’Al-Tamari (47e). Les Marseillais avaient besoin de sauver les apparences, ils ont bien été aidés par des Rennais naïfs à souhait. Une nouvelle relance courte mal gérée a eu raison des derniers espoirs bretons, enterrés par une mauvaise relance d’Anthony Rouault dont a profité Højbjerg pour permettre à Aubameyang de finir sur une bonne note avec un petit piqué gagnant (3-0, 55e). Le Vélodrome avait envie de s’accorder un petit plaisir et de se mettre à sauter. Comme quoi.
L’OM en passe de réussir sa mission
Ce n’était pas la folie, pas du tout, mais les sortants Paixão comme Aubameyang ont été applaudis plutôt que sifflés, le Gabonais étant passé tout proche du doublé en tombant sur Silistrie (60e). La suite aura été sans queue ni tête, comme on termine une saison interminable, avec des espaces de partout, des fautes techniques, un poteau de Camara et le retour de la sono pile au moment où Estéban Lepaul a rappelé qu’il allait se consoler avec le titre de meilleur buteur de Ligue 1 en plantant de la tête sur un centre d’Arnaud Nordin (3-1, 84e). Il était trop tard pour une folle remontée, même si Mahamadou Nagida, Nordin et Embolo ont fait parcourir des frissons sur des ballons de 3-2. Ce qui n’aura pas empêché Benjamin Pavard d’entendre la bronca à son entrée, ni les Rennais de constater qu’ils avaient raté une immense occasion de jouer la Ligue des champions en voyant les défaites de Lille et Lyon. Ils devront maintenant supporter Lens en Coupe de France pour espérer la Ligue Europa, où l’OM tentera d’oublier son annus horribilis. C’était une très longue saison.












