Battu 1-9 par Como, Lens : le naufrage est collectif



Lens est entré dans l’histoire de la pire des manières mercredi soir, à Bollaert, en subissant une débâcle historique (1-9). Ceux qui étaient là ne l’oublieront pas, même s’ils n’auraient pas dit non à un coup de Neuralyzer.

Si l’on attendait pour prendre sa frite dans les coursives, on aurait presque pu croire que les « olé ! » qui résonnaient en deuxième période étaient le signe d’un Racing Club de Lens flamboyant mercredi soir. Presque. Les Lensois étaient bien plus Sang que Or face à Côme, un poids lourds qu’ils ont pris à pleine vitesse (1-9), sans trop comprendre ce qui était en train de se passer. Ils avaient fait de Bollaert une force pour croire aux huitièmes de finale en 2023 – Arsenal s’en souvient – mais la campagne européenne 2026-2027 vient à peine de démarrer que le Racing est déjà tombé deux fois dans son antre. Et le carnage de mercredi laissera des traces.

Bollaert ne répond plus
Les Lensois n’avaient même pas l’esprit à regarder le classement et à se dire qu’au moins, ils restaient devant le voisin lillois, à un point de la zone des barrages. Les têtes étaient au fond des chaussettes, même devant la friterie en sortie de stade. Le premier but de Côme, dès la septième minute, a donné le ton : Ruben Aguilar s’est fait manger dans les airs et ses coéquipiers, stupéfiants de passivité, ont regardé le ballon se diriger vers le deuxième poteau, où Jacobo Ramon et Anastasios Douvikas se jetaient comme des mords de faim. La tribune Marek avait pourtant prévenu son équipe avec une banderole dénonçant des joueurs « absents » lors du derby de vendredi. Sans effet.

Il y en a qui paient cher pour venir au stade. Ils n’ont pas envie de voir une prestation comme celle-là, on comprend.

Ruben Aguilar
Trop facilement transpercés, en difficulté sur la moindre accélération du rythme, les Sang et Or n’ont fait que prendre des coups, sans les rendre. Le regard vide de Matthieu Udol dans le tunnel à la mi-temps, les mains sur les hanches, en disait long. Mais le pire était encore à venir. Certains supporters n’avaient pas encore eu le temps de regagner leur siège que Lucas Da Cunha en remettait une couche. Les fidèles de Bollaert ont fini par applaudir de dépit les buts italiens – il valait mieux en rire. D’autres choisissaient les sifflets, les « Lensois, Lensois, bouge ton cul » ou les « olé ! ». Pour ceux qui sont restés jusqu’au bout, puisque des sièges se sont vidés dès le sixième but, intervenu à la 53e minute. « Il y en a qui paient cher pour venir au stade. Ils n’ont pas envie de voir une prestation comme celle-là, on comprend », commentait Aguilar, pas vraiment en capacité d’objecter, en zone mixte.

« Un sentiment de honte »
Plutôt que de se réfugier dans le tunnel, les Sang et Or ont pris le temps de saluer leurs supporters après la rencontre, en passant devant toutes les tribunes, malgré les sifflets qui pleuvaient. Une vaine tentative de commencer à faire amende honorable. « On s’est fait marcher dessus. On est désolés. On va rentrer chez nous avec un sentiment de honte, demain on va se lever, si on arrive à dormir, et on va aller à l’entraînement pour essayer de se remettre les têtes à l’endroit, reprenait Aguilar. On va rester soudés et affronter tout ça tous ensemble. Il faut faire preuve de caractère, rester unis et travailler, encore, encore et encore. »

Yannick Cahuzac ne s’est pas plus éternisé avec le devoir médiatique : trois minutes de conférence de presse, et le coach lensois est reparti tête basse. Le temps de dire que Lens était passé « complètement à travers », qu’il fallait « se dire les choses » et « se concentrer sur nous-mêmes » alors qu’un choc contre l’Olympique de Marseille se profile déjà. « C’est une humiliation, a-t-il reconnu, sonné. Il va falloir qu’on trouve un peu de fierté pour dimanche. On a tous de l’amour propre. Il faut qu’on soit en capacité de se regarder tous droit dans les yeux. » Comme un pied de nez, ce jeudi matin, les deux croix vertes de la Grande pharmacie de Lens s’affichaient encore avec les couleurs et le logo du club. Pas sûr qu’une simple boîte de doliprane suffise sur ce coup-là.

Posted by on Nov 5 2026. Filed under En Direct, Featured, Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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